vendredi 27 mars 2026

*Nébuleuse

 
Arty
 
 
 
 
Je me noie dans tes pétales pâles
De papillon au coeur doré
Dans le jardin du ciel léger
Qui ouvre le regard fardé au soleil d'opale.

Tu changes tes couleurs presque indicibles
Dans ta robe bleue verte  outremer
Dans le nulle part des chemins verts
Où se réverbère l'invisible
 
Den 

 

mercredi 25 mars 2026

*J'ai appris la vie




J'ai appris la vie dans ses coups de roulis, sa peine-ombre, 
Balancée gauche, balancée droite,
Ses roulades, dans les jardins, ses mottes de terre,
Sur les routes,
Dans le  temps qui nous échappe
 Et délie les heures au couchant du seul-oeil,




 
 
Les chemins tortueux, graveleux, les rencontres caillouteuses, 
Dans l'or et l'étain,
Au son de l'airain d'argent bleuté qui dort
Qui coule en petits rus
Sur les aiguières les vases et les plats,
Dans les yeux dans les larmes,
Dans les sortie habillées, dans les robes souillons, en pull de laine élimé,
Sur les bancs trop étroits des écoles,
Dans l'essence-ciel des jours gris souris,
Dans nos similitudes, 
Dans l'acceptation de nos différences,
La tolérance,
Entre deux gouttes de pluie emperlées,
 
Quand une porte déverrouillée  s'entre baille,




Dans le regard,  Âmi(e), des en-faons,



Dans la profondeur des entre-rails du monde,
Où une lampe reste toujours éclairée.

Dans le cil-anse qui parle du môme-an
Ici et main-tenant
En un soupir inspiré.

Den

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*****

Doux mercredi à chacun chacune d'entre vous

à deux mains attachées

 

Je vous en brasse près du  jardin d'agrément

pour la rêverie solitaire ou partagée,

 

Den

 

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jeudi 12 mars 2026

*L'émerveillement

ActuaLitté 

 

Ma fille,

 

"J'ai rêvé de toi. Tu grimpais à ton arbre.

Audacieuse baronne perchée. J'ai fermé les yeux un instant et tu étais là. Vivante. Magnifique.

 

Pourtant, tu ne te  décides pas, préférant osciller entre deux mondes. Et moi je ne peux que rester derrière la vitre, celle qui sépare les rêves de la réalité. Rester là à t'attendre, t'espérer, te prier.

 

On dit que les bébés à qui on ne parle  pas se laissent mourir.

 

Alors laisse-moi te parler toute la nuit s'il le faut, laisse-moi te chuchoter la beauté du monde jusqu'à en perdre le souffle. Je sais que tu m'entends. Tu sais que je t'attends.

 

 

Bleue.

 

Tu es née bleue. Ce n'est pas une couleur pour un enfant. Tu es née  silencieuse. Ce n'est pas rassurant pour un parent.

 

Ils t'ont aussitôt emmenée loin de moi. Sans que j'aie le temps de te prendre dans mes bras, sans que je t'embrasse ou te voie.  Confiée aux soins d'une machine, remise dans le ventre d'une couveuse qui prenait le relais, là où moi j'avais échoué.

 

Chacune de tes respirations est un combat. Tu t'accroches à la vie, mais j'ai peur. Peur qu'on t'enlève à moi. Tu m'as été donnée si facilement, pourquoi ne te reprendrait-on pas tout autant.

 

Je craignais l'amour, mais avec toi, tout sera différent. Ton amour démultipliera mes forces, ton coeur  fera grandir mon  espoir, ta liberté nourrira ma confiance. Ma fille, je t'aime déjà. Alors ne m'abandonne pas. Parce que de ce chagrin-là, je ne reviendrai pas.

 

Pourquoi rien n'est-il facile pour moi ? Pourquoi veut-on m'ôter mes deux êtres les plus précieux ? On allume mon coeur et on le brûle, puis on réveille mon ventre pour le brûler à nouveau. Je n'avais rien demandé. Je ne croyais même pas en l'amour. Et par deux fois, on me met à l'épreuve.

 

Alors je prie en silence, espère, préférant le monde des possibles à la réalité, l'espérance de la nuit à la dure lumière des matins. Je ne peux rien contre la vie qui décide de tout, de venir ou pas, de s'accrocher ou de s'enfuir. Il ne me reste qu'à attendre, là, derrière la vitre celle qui nous sépare, celle qui répare aussi.

 

Viens ma fille. 

La vie vaut le coup de se battre pour elle.

Des choses extraordinaires t'attendent. La vie est belle à qui sait l'observer, à qui sait la nommer, l'aimer et la partager. Je t'apprendrai. Je continuerai à te crier la beauté du monde. On le fera ensemble. Tout est à construire. Viens.

 

Tu hésites, et je te comprends. Peut-être n'y a-t-il pas assez de contes écrits pour toi ? Pas assez d'héroïnes à prendre pour modèles ? Peut-être doit-on te donner un vrai beau rôle, te bâtir un monde sur mesure pour que tu viennes ?

 

J'aurais pu t'inventer une existence cabane pour que tu t'y réfugies quand tu aurais envie d'un endroit doux et réconfortant. Les fourmis auraient porté tes plumes jusqu'à l'encrier, les pigeons auraient emporté tes missives long-courriers, les merles se seraient occupés de ton réveil et les dragons de ton poêle. Tu n'aurais jamais eu faim, froid ou peur.

Tu aurais été responsable et autonome, capitaine de ton bateau, dans les arbres et sur l'eau, haute comme trois pommes, une dent en moins, un épi dans ta frange, tu aurais refusé de porter les robes, préférant une salopette et des baskets, un blouson et une casquette. 

 

J'aurais pu t'inventer des histoires faites pour toi, avec des petites filles qui grimpent aux branches et qui vivent dans des arbres, des fillettes qui disent "non" et qui choisissent des garçons avec des fleurs dans les cheveux, des jeunes femmes qui sauvent le monde et qui dorment au creux des loups et des dragonnes, des ensorceleuses plus libres que le vent et qui parlent la langue des chouettes et des baleines.

 

J'aurais pu te l'inventer, ce monde, te l'écrire. Tu aurais été toutes les héroïnes. Cependant, cette nuit, je t'ai simplement raconté la vérité nue, celle qui effraie, celle qui te fera peut-être faire demi-tour, car oui, j'aurais préféré te dire que tu as été désirée et que tes deux parents seront toujours là pour toi, mais ce serait te mentir et ça, je ne le peux pas. Je peux juste continuer à espérer. Et en rêver si fort que ça te fera exister.

 

Tu es sortie des soins intensifs et on me laisse enfin te voir. Soixante-douze heures d'attente, d'angoisse et de doutes. Le plus dur serait derrière nous, mais j'ai peur. Peur d'une récidive de ce qu'on ne me dit pas, des silences et des regards qui en disent long. Peur de la solitude, de ne pas savoir faire. Peur que tu aies préféré ne jamais exister et que tu me le reproches un jour. Peur que tu n'aimes pas la vie que je peux t'offrir. Peur que tu ne m'aimes pas.

 

Je sais que l'amour d'un enfant ne se commande pas. On ne peut qu'essayer d'être à la hauteur. D'autant que je ne peux compter que sur moi-même. Personne à qui demander conseil. Pas de parents, beaux-parents, grands-parents.  Ni même Gaïa. 

 

Je t'embrasse sur le front, ta sueur est salée, mes lèvres prennent le goût de la mer. Tu as posé les yeux sur moi et tu as souri. Pourtant je t'ai accueillie avec un torrent de larmes. Toi, fragile miracle, qui me relies en un élan de coeur à l'humanité entière. Et les larmes ont laissé  place  à la joie. A l'espoir.

 

La vie nous fait parfois des cadeaux mal emballés, si bien qu'on ne les reconnaît pas tout de suite. On comprend plus tard qu'il s'agissait du plus beau des présents. Ce que j'avais pris un instant pour un venin était en réalité le remède pour ma survie.

 

Comment croire à la folie des hommes quand un tel être peut naître à chaque instant ? Comment douter de la vie quand celle-ci fait de telles promesses ? Comment un simple regard, un sourire peuvent-ils déclencher un tel séisme dans une existence ? En un battement de cils, un tremblement de coeur. Réviser totalement sa vie. Repartir d'_une page blanche. A écrire à deux._     

 

Pendant longtemps, j'ai cri avoir une pierre froide à la place du coeur. Grise sous la sève de la mer, miel dans le suc des forêts, or argenté ou baume résineux, logée en moi, telle une bile noire.

 

Mais depuis que tu es entrée dans ma vie, petite alchimiste savante et singulière, avec ton alambic tu défies effrontément les lois de la nature. Je ne suis pas une flamme, je suis le feu. Je ne suis pas un oiseau, je suis le ciel. Je ne suis pas un coquillage, je suis l'océan. Je ne suis pas le temps, je suis l'éternité.

 

Toi, entre la légèreté d'un et la profondeur du marbre, presqu'un arbre, presqu'une marée, avec tes cheveux soleil et tes yeux fauves : te nommer a été une  évidence.

 

 Avec ton nom, j'écris la mer. Avec ton nom, je chante l'amour. Avec ton nom, j'accueille la vie. Avec ton nom, je devine l'âme de toute chose.

 

Chaque fois que je le murmure au creux de ton oreille, je hurle "je t'aime" à l'univers. Chaque fois que dans les abîmes du monde son écho résonne, je sais enfin qui je suis.

 

Car c'est bien toi qui m'as fait découvrir ce que, dans le coeur, j'avais de plus précieux, cette eau de vie inconnue et effrayante qui coulait en moi, cette sève qui commençait hier et continue aujourd'hui avec toi.

C'était la tendresse de l'Ambre".........

 

Aurélie Valognes 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

 

mardi 3 mars 2026

Carnaval à Aix

 

 

 

 


 

Bon après-midi

Den

 

 

 

 

Le Carnaval des animaux | Auditorium - Orchestre National de Lyon