mercredi 21 septembre 2016

*Je cherche la lumière depuis que je suis né....

  

Gorges Du Verdon, France, Provence, Vue

Je cherche la lumière depuis que je suis né.

L'automne est le pays des couleurs, je marche vers cette lumière.

L'Automne, Feuilles, Couleur, Nature

J'écris en marchant, j'écris tous mes éblouissements, je bourdonne dans les chemins, mais écrire vraiment c'est avoir le courage de tirer une chaise devant une table, s'asseoir et saisir un stylo.
Un stylo qui fait si peur et tant de bien dans les profondeurs de tout le corps, dès qu'il laisse des empreintes noires ou bleues dans les champs de neige du cahier.


Livre, Stylo, Ouverte

Quand j'écris le mot neige, moi qui ai une vue si faible, je vois devant moi d'immenses étendues blanches et les forêts bleues des mots.

Question, Cahier À Spirale, Spirale

J'aime les grands espaces de lumière que fait jaillir l'automne.
Si quelqu'un partait à pied des granits de la Bretagne et cheminait vers la Haute-Provence, il marcherait en dormant.

L'Automne, Arbre, Feuilles, Rouge

La France est un doux vallonnement de vaches et de clochers. Brutalement ce marcheur se cognerait aux dentelles de Montmirail, au mont Ventoux ou à la montagne de Lure.

Tout le monde se réveille à Malaucène ou à Nyons.

A partir de là c'est un chaos sauvage où ne grimpent que des chèvres d'os, de barbe et de tendons. Un désordre de barres rocheuses, d'éboulis à sangliers, de broussaille, de hameaux sans mémoire, de gorges, d'à-pics, de chemins dévorés par les ronces, de ruines, de ravins, de forêts, de petits cimetières effacés par la mousse, de coups de haches telluriques et de lumineux déserts de lavande et d'amandiers, jusqu'aux gouffres du Verdon, sous l'ombre noire des vautours.


Vautour, Oiseau, Plumes


Je marche dans ce pays depuis mon enfance, j'en connais le moindre vallon, chaque pente boisée de Buis-les-Baronnies aux gorges pourpres du Cians et de Daluis. J'ai franchi en toute saison ces clues glaciales et ces plateaux où ne courent que l'ombre des nuages et le vent.



(...)

Je m'assois toujours sur le même rocher qui s'avance sur le vide, sauf lorsque le mistral vient de passer sur le dos glacé de Lure.

Pendant des heures je regarde cette vallée, cette rivière, en bas, qui brille un instant entre les saules, longe un champ de maïs, passe sous un petit pont de pierre, frôle une poste fermée et disparaît sous les feuillages.

Cette rivière où je me suis tant baigné, où j'ai appris à pêcher à la main sous les branchages, en frissonnant d'appréhension dès que je sentais entre mes doigts glisser le ventre visqueux et froid d'un poisson.

Je suis seul au milieu des collines, dans ce beau silence d'octobre, et je regarde mon enfance.



René Frégni
Je me souviens de tous vos rêves.



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A toutes, à tous,
plus particulièrement à Célestine


Orange, Fleur, Automne


Pour   demain...
Et les autres jours....
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Pour ce  premier jour d'automne salué de bonne-heure
Je vous offre ces mots à nouveau  ce mât-thym ....

Que  cette année encoeur et plus   précéde-aimant
La plus douce  saison qui tonne frisonne  et pluie
Au coeur fleuré des satins de la vie.....

L'automne

L'Automne, Feuille, Feuilles En Automne

L'automne en dormance
Se pare  se farde
Vêtu de vos mots de rire  de silence
De robes d'élégance  où nous nous enroulons
Dans nos châles-heureux...
De lin  de laine
De longs effets  lisette

Automne, Des Forêts, Bois, Nature

Je souhaite qu'ici  le temps qui roule se déroule
Se croque comme une gourmandise
Où  je puiserai au corps à-paix-tissant
L'extra-ordinaire
Nourri par vos hymnes-âges vos  mets vos mots
Dégoulinants en  goulinettes fines
Brillantes comme un aure-or nouvel-aimant-né
En choeur de vous

Feuilles, Mains, Exploitation, Érable

Offert
Lié  relié.

Den

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dimanche 18 septembre 2016

*Entre source et nuage....





L'infini n'est autre 
Que le va-et-vient
Entre ce qui s'offre
Et ce qui se cherche.
Va-et-vient sans fin
Entre arbre et oiseau,

Entre source et nuage.

François Cheng

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vendredi 16 septembre 2016

*Vue des Lauves.....



Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves, 1901-1906 Mine de plomb et aquarelle sur papier vélin, 29,8 x 46,2 cm

Paul Cezanne
La montagne Sainte Victoire vue des Lauves
1901-1906 (Rewald n° 583)
Collection Planque Aix
Mine de plomb et aquarelle sur papier velin 29,8 cm x 46,2 cm

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Difficile de faire plus simple quant à la mise en page.

Cezanne, dans cette feuille atteint le chef d'oeuvre. Parfait équilibre des volumes, équilibre entre eux, mais aussi par rapport aux limites même de la feuille dans laquelle le blanc, la lumière, occupent la plus grande partie. Parfait équilibre des volumes encore au niveau des couleurs, dont aucune ne peut se prévaloir plus intense que sa voisine. Horizontalement, la feuille est quasiment partagée en deux. La partie supérieure laisse une large place au volume de la montagne qui trône majestueusement dans la lumière. (Le fameux écrasement de l'espace). La partie inférieure est sobrement occupée en miroir, par quelques éléments minimalistes qui constituent les plans intermédiaires qui séparent le peintre du sujet principal : la Montagne.

Le dessin d'abord. Lorsqu'on connaît le sujet d'où Cezanne extrait son motif, on observe l'extrême justesse, la fidélité géographique. Le crayon, sous-jacent en confirme les détails avec précision ; jusqu'aux nuages, en haut à gauche, comme pour nous dire que la montagne se détache sur le ciel.

Si dans cette feuille le dessin préalable au crayon graphite est très apparent, l'oeuvre qui en résulte n'est pas pour autant un dessin aquarellé. Cela n'est pas toujours le cas pour toutes les aquarelles de Cezanne.
 Certaines, n'ayant que quelques traits de repère ou rien.

Rien de trop. Juste l'essentiel de ce que Cezanne veut nous dire de ce paysage qu'il veut à tout prix pérenniser. Paysage au demeurant complexe, car en réalité il s'étale sur de nombreux kilomètres.

P. Cezanne 
Aquarelliste

de Jacky Chabert
Editions Desbaumes
p. 66


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mercredi 14 septembre 2016

*Qu'est-ce qu'il t'arrive ?



Qu'est-ce qu'il  t'arrive ?
Il t'arrive des mots
Des lambeaux de phrase.
Laisse-toi causer. Ecoute-toi 
Et fouille, va plus profond.
Regarde au verso des mots
Démêle cet écheveau.
Rêve à travers toi,
A travers tes années 
Vécues et à vivre.

Ce que je crois savoir,
Ce que je n'ai pas en mémoire, 
C'est le plus souvent,
Ce que j'écris dans mes poèmes.

Comme certaines musiques 
Le poème fait chanter le silence,
Amène jusqu'à toucher        
Un autre silence, 

        Encore plus de silence.      

Dans le poème
    On peut lire    
Le monde comme il apparaît 
Au premier regard.
Mais le poème
Est un miroir
Qui offre d'entrer
Dans le reflet
Pour le travailler,
Le modifier.
---Alors le reflet modifié
Réagit sur l'objet
Qui s'est laissé  refléter.

Chaque poème
A sa dose d'ombre, 
De refus.
    Pourtant, le poème
Est tourné vers l'ouvert
Et sous l'ombre qu'il occupe
Un soleil perce et rayonne,
Un soleil qui règne.

Mon poème n'est pas
Chose qui s'envole
Et fend l'air,
Il ne revient pas de la nue.
C'est tout juste si parfois
Il plane un court moment
Avant d'aller rejoindre
La profondeur terrestre.

Guillevic


L'Art Poétique, dans l'Art Poétique, précédé de Paroi, et suivi de Le Chant, préface de Serge Gaubert, Poésie / Gallimard, 2001 - p. 166, 172, 177, 178, 180, 184.


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samedi 3 septembre 2016

*Un souffle léger......



Aurore, Ciel, Lac, Eau, Paysage

L'aure-or en souffle léger
En avant-brise du mât-teint

"L'aurore aux doigts de rose"
Dit bon jour et soupire encor' en cil-anse
Elle  se lève en faim dans sa fraîche-heure
Sa magie, son abondance pleine
Son satin 
Dans ce bout de matin étincelant
Déliant l' instant

Elle se lève joyeuse-aimant à son brin-d'an
Sa re-naissance
Retrouve s'allume-hier matinale
Et ouvre sa porte à chaque promesse.

"L'aurore grelottante, en robe rose et verte"
écrit Baudelaire (in Crépuscule du matin)
S'éveille à toutes choses à toutes ses beautés
Et espère
Après la langue nuit ténébreuse et lointaine.

Son seul-oeil aux lueurs brillantes
Rosées
Rêvera en coeur à son couchant 
Dans les yeux de son étoile
En mots de lune
En mots de laine.

Den

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Un doux week-end
A chacune
A chacun
D'entre vous.
Je vous embrasse.

Den


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samedi 27 août 2016

*Quelle est donc cette trame....................





"Quelle est donc cette trame
Du sera, de l'est, et du fut ?
Quel est ce fleuve
Le long duquel coule le Gange ?
Quel est ce fleuve dont la source est inconcevable ?
Quel est ce fleuve
Qui emporte épées et mythologies 
 (...)

Il coule dans le sommeil, le désert, dans une cave.
Le fleuve m'emporte et je suis ce fleuve.
Je suis fait d'une matière périssable, de temps mystérieux. 
Peut-être la source se trouve-t-elle en moi.
Peut-être de mon ombre
Sourdent, fatals, illusoires, les jours. 

Jorge Luis Borges
La proximité de la mer. Une anthologie de 99 poèmes. 

Sur les épaules de Darwin
France Inter - émission de Jean-Claude Ameisen
du 13  Août 2016

rédiffusion du 23 mai 2015

"La quête de la vie sans fin (3)

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Je vous souhaite un heureux dimanche
A venir
Ensoleillé,
Mais pas trop..... !!

Den

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dimanche 21 août 2016

*Je repasse............


Lac Malawi, Malawi, Salima, Afrique

Je repasse ta lettre, à l'ombre du ciel bleu du parasol.
A mes pieds, la mer molle se froisse rythmique à l'arène 
Le chant s'essore. La mer jusqu'à la passe est pareille à tes yeux de sable et d'algues
Jusqu'à la masse profonde du large, où fleurissent tous les miracles
Sous les cris blancs des mouettes, l'écume des longues pirogues.

Sur la plage rythmique, les canards sauvages en groupe songent,
immobiles muets.
Je songe à mon enfant dernier, l'enfant de l'avenir
Aux cils de palmes, aux yeux de puits sans fond.
Ses cheveux plats fulgurent de fauves éclairs.
Où est donc  la fille  de mon espoir défunt, Isabelle aux yeux clairs ou
Soukeïna de soie noire ?
Elle m'écrirait des lettres frissonnant d'ailes folles 
D'images coloriées, avec de grandes bêtes aux yeux de Séraphins 
Avec des oiseaux-fleurs, des serpents-lamantins sonnant des
trompettes d'argent.
Car elle existe,  la fille Poésie. Sa quête est ma passion
L'angoisse qui point ma poitrine, la nuit
La jeune fille secrète et les yeux baissés, qui écoute pousser ses cils 
ses ongles longs.

Et tu demandes :
- Mais pourquoi cette brume et ces mirages au fond de tes yeux  
étales ?
- La mer est belle et l'air est doux, comme jadis sur les bords des
Grands Lacs. 

Léopold Sédar Senghor (1906-2001)
(les lettres d'hivernage)

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Arbre, Nature, Lac, L'Eau, Ciel, Sunset