lundi 23 avril 2018

*Quand j'ai six ans et avant....



Pour vous, quelques souvenirs avec ce billet publié le 28 novembre 2012 ..... et plus particulièrement pour Françoise qui fêtait le 9 avril les deux ans de son blog, et Ambre Neige, nouvelle venue dans les allées de mes mots et mes images.....et la photo, en bas de page, dont nous parlions..... !

Douce journée à vous toutes, et tous !

Den


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Aussi loin que je remonte dans le temps, c'est de la période de la Fromentane dont je me souviens le plus, je l'ai déjà dit.

J'ai six ans, et si nous abandonnons à regret la maison familiale avec Léon, Juliette et les oncles célibataires, Yves, Elisée, Gustave, Aimé, l'apiculteur, pour la rue des Cardeurs, au 37, devenue le Forum des Cardeurs depuis, sur Aix, qui a remplacé en partie ses immeubles par de petits restaurants au milieu de la place, ou organisés sur le bas côté, néanmoins très sympathiques, parallèlement à la rue des Cordeliers qui rejoint la Mairie, nous continuerons à nous y réunir en famille, à la Fromentane, pour les fêtes,  en nombre, les célibataires et les mariés, mes cousins et cousines, pour un oui comme pour un non.

Les G..... y sont les métayers du docteur Edouard G..., et entretiennent l'espace agricole, les vignes, les oliviers, les arbres fruitiers, les légumes qu'ils vendent au marché, du côté des paysans, sur la place des Prêcheurs, près du marchand d'anchois, à sa gauche, et à côté des F.... A l'époque. Ils gèrent aussi les chevaux, le matériel.

La Fromentane, c'est la campagne, encore un coin tranquille d'Aix, dans le prolongement des Milles, par derrière, si on emprunte sa petite route, qui verra grandir aux alentours, quelques années plus tard, pour les vrais aixois comme moi, un ensemble de nouveaux quartiers populaires non éloignés de Corsy, de la ZUP, puis de la ZAC.

Pourquoi les choses essentielles ne peuvent-elles être abordées que par des chemins de traverses, parallèlement à d'autres détours, d'autres chemins, presque à la dérobée ?

Une nouvelle vie est à construire, sauvage, solitaire, fuyante, en marge. Ailleurs. Mais aussi pleine de changements, de rencontres.

Une nouvelle existence.

Papa est entré à la SNCF. Il est conducteur principal de locotracteur.

Maman ne travaille pas, et s'occupe de ses deux filles. Ma soeur Gigi et moi, l'aînée.

Mais là, pour le moment, je vis toujours au chemin Valcros, à la campagne, et je goûte toujours avec autant de plaisir les jeux d'observation. J'aime être dehors, en pleine nature.

La tête penchée sur le petit étang plein de nénuphars et de poissons rouges, je suis à la Ganteaume, accompagnée par deux de mes oncles, non loin de la volière remplie de paons qui se montrent beaux avec leur roue magnifiquement colorée, rivalisant les uns des autres, à celui qui emportera ma préférence.

J'entre dans leur jeu de toute puissance, d'apparence visuelle.

La tête penchée sur l'eau, je respire les dernières gouttes d'une pluie salvatrice, contemplant de loin l'arbre qui se dessine en reflet dans un temps arrêté, dans une image perdue entre le sol et le ciel enfin rejoints.

Presque fin octobre. C'est déjà maintenant.

Des jours revêtus d'or et de rouille s'incrustent dans des après-midis provençales, continuent d'enregistrer des températures estivales, jusqu'à presque 30°.

J'ai surpris en me promenant des changements dans les teintes des feuilles des arbres, s'étalant du mordoré à la terre de Sienne, du brun chaud aux reflets dorés, jusqu'à l'ocre rougeâtre, presque grenat par endroit ;
elles sont en avance cette année les couleurs de la pendule automnale qui s'arrête sur la nouvelle saison, recherchant encore une fois des joies très simples.

Je prends corps dans d'autres courbes lumineuses, mélangeant leurs tons chauds.

De chemins en sentiers, et de GR en escalades, je m'habitue à ces heures qui apportent sérénité et renouveau à regarder le temps qui défile et s'échappe, à écouter le bruit du vent dans les branchages.

Son chant a recomposé ce que son cri a déchiré.
Là sur mon vieux cahier barbouillé de mots raturés, remisé aux oubliettes, pour un temps, j'en oublie la prochaine saison qui va se dérouler plus lentement, avec ses jours plus courts.

Ce sera l'âpreté de l'hiver ; ça sera demain.

Si je suis parvenue enfin au coeur de ma mémoire ravivée, au récit que j'ai donné, au fur et à mesure que j'ai cherché au plus profond de moi, j'ai raconté....

J'ai pu recueillir et ressusciter tous les souvenirs que j'espérais voir accourir vers moi, les voyant défiler à la queue leu leu, les uns derrière les autres, en ordre, ou pas, pas toujours.

D'autres aboutissent jusqu'à moi avec complexité, et j'ai dû les arracher parfois violemment, d'aussi loin que je le pouvais.

Je les recueille enfin, assouplis les souvenirs, et je les conserve au nom de la famille, dans le plus petit de mes replis secrets, là où ils se sont terrés, où ils ont été enfermés.

Plus je raconte, et plus je me souviens.

En évoquant maman, papa, les miens, je les ai rencontrés dans mon imaginaire, et je me suis retrouvée, le les ai retrouvés, en tentant de comprendre qui je suis aujourd'hui, et d'où je viens.

Reconnaissante.

J'ai souhaité offrir ce livre de mémoire à Maman, le livre de sa vie, et à ma famille, pour nos origines.

Un souvenir me vient à l'esprit, clairement distinct... devant la maisonnette un large tronc d'arbre est coupé entouré de fourmilières.

J'observe le va-et-vient de leurs occupants, leur travail collectif est impressionnant, les galeries immenses, je les découvre avec amusement et intérêt...

J'ai trois ans et quatre mois, et ma petite soeur Gigi vient de naître.

Le 1er juin 1949.

Je descends trois marches, bien trop hautes pour moi, soutenue par papa, attentifs à ne pas glisser sur les mallons rouges récemment encaustiqués.

Surtout ne pas trébucher aujourd'hui. Ne pas chuter dans l'escalier.

Mon coeur tremblant est suspendu à cette présentation.

Papa me précède et se dirige vers la petite chambre aménagée pour maman, et pour la naissance du bébé ;
un souffle léger de bonheur se balade dans la maisonnée.

Ils vont me présenter ma petite soeur.

J'aperçois maman dans la pénombre de la chambre, transpirante. Elle me semble fatiguée ; là, plein de choses que je ne connais pas ici habituellement : des cuvettes émaillées, des bassines d'eau, des serviettes, du coton, une tiédeur humide, des tâches rosées sur les draps, des odeurs de pharmacie et de médicaments... on me présente un petit être tout fripé, tout rouge lui aussi.

C'est une petite fille, me dit-on. C'est ta soeur. Elle s'appelle Ginette.

Regarde comme elle est belle !

Du haut de ma petite enfance, je ne comprends pas trop ce que cela signifie, si ce n'est que je n'aurais peut-être plus jamais la préférence de maman, ni de papa. Je ne serais plus jamais la seule enfant de la famille.

Mais pour l'instant, je n'y pense pas. Cela n'a pas vraiment d'importance.

Je suis heureuse de voir un petit être tout neuf, avec un joli nez, de beaux yeux, de petites oreilles, et des doigts qui serrent d'autres doigts, ceux de maman, et qui sourit pour l'instant.

Et moi là dedans, qu'est-ce que je deviens ?
"tiens prends-lui sa main, regarde comme elle te serre..."

"oh ! elle me serre fort les doigts...!"

Je réalise la grande chance qui vient de m'arriver, en un instant devenir la petite mère de ma petite soeur, après maman, évidemment.

"Je pourrais la porter quand elle sera plus grande, je pourrai m'en occuper, dis maman ?"
...ça me plairait bien...

C'est un jour mémorable pour la famille, et pour moi surtout.

Je ne sais pas encore que faire un enfant, c'est lancer un défi à la mort, accepter le temps qui s'écoule.

J'ignore encore la relation fusionnelle qui se créera entre cette maman et son enfant.
Mais pour moi aujourd'hui, c'est une révolution. J'ai changé d'état.

De fille unique, je suis devenue la  grande soeur de ce bébé qui vient de naître à la  vie, et j'ai la tête pleine d'interrogations.

Comment est-ce possible que du ventre arrondi de maman, cette chose-là ait pu sortir d'elle ?

Comment est-ce possible que cette petite enfant dans ses bras, et qui pleure maintenant, soit devenue ma soeur, par quel miracle ?

Toutes ces questions me traversent l'esprit, et aucune réponse pour l'instant.

Personne pour y répondre.

Un instant de solitude m'assaille. J'ai grandi d'un seul coup, forcément.

Un volet a claqué, c'est celui de ma chambre. De là-haut une musique s'échappe jusqu'à moi mélodieusement classique.

Curieuse, j'ai grimpé sur le rebord trop étroit de la commode bleue, assortie à mon lit de la même couleur, lui-aussi, ornés tous deux d'hirondelles en fer finement découpées, que je ne parviens pas à soulever avec mes ongles rongés ou trop courts, et voir ce qu'il y a dans les tiroirs, puisque je n'y suis pas autorisée. Justement l'interdiction m'attire.

Et puis c'est l'heure de la sieste, et je n'aime pas dormir l'après-midi.

Je refuse la sieste. Maman ne l'entend pas de cette oreille et m'oblige à me coucher.

Maman, une fois redescendue de l'étage, je peux, quand je le veux, devenir une grande personne, faire comme il me semble, vaquer à mes occupations, sans rendre de compte à quiconque, surtout pas à maman.

Alors pour passer le temps, puisque je n'ai que trois ans pas encore et demi, je commets des bêtises, pendant ce temps de pause.

Une fois dans la chambre, seule, à ne pas vouloir dormir, j'invente des jeux interdits, dont seule j'établis les règles.

Aujourd'hui un de mes pieds ne parvient pas à trouver sa place sur l'étroit rebord de la commode, tandis que l'autre sur le lit glisse. Et moi, bien cramponnée au tiroir trop fermé, j'emporte la commode, en arrière, sur le sol, dans un fracas retentissant.

Maman affolée, redescendue dans la cuisine pour s'occuper de ma petite soeur, quatre à quatre remonte les escaliers, et me trouve les deux jambes en l'air, et en pleurs, au milieu de la chambre, sonnée par la chute, et plus encore par la peur de la réprimande.

Les deux tiroirs se sont ouverts dans la perte de l'équilibre, laissant apercevoir ce que je voulais connaître, en secret. Ce sont des documents familiaux sans grand intérêt pour une enfant de mon âge.

Mais ne dit-on pas que la curiosité est un vilain défaut. Ce jour-là je l'ai découvert à mon détriment...

Hier comme aujourd'hui, je ne veux pas dormir, et pour m'occuper, comme je ne peux rien faire, j'écoute sur la dernière marche des escaliers, juste avant ma chambre, j'écoute les grands, qui en bas, boivent le café.
Ce sont des paroles d'adultes. Je ne comprends pas tout. Mais c'est mieux que de dormir. J'écoute, pleine de curiosités.

Je suis suspendue à la voix de maman, et j'épie ses va-et-vient et me tiens prête à regagner mon lit, si elle a la mauvaise idée de venir vérifier ce que je fais. Et ça arrive....

Den




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dimanche 22 avril 2018

*Muscari et demoiselles de onze heures !.




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Le 22 Avril  est la journée mondiale de la Terre,

de la nature, des saisons...

c'est pour cela que

 je vous offre ces deux  variétés de fleurs champêtres adorées par mon petit-fils Gabriel âgé de 5 ans....
Cette journée est l'occasion de rappeler à chacun, chacune d'entre nous  combien il est important de la préserver et de la protéger notre  belle Terre que nous transmettrons un jour à nos enfants, nos petits-enfants


et cela,

.....Avant qu'il ne soit trop tard !

Il est en ce jour fondamental , et pourra t-il peut-être, je l 'espère,  provoquer une réelle prise de conscience chez celles et ceux qui ne s’en rendent pas encore compte.
Aujourd'hui, et les autres jours, bien évidemment.

Den
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samedi 21 avril 2018

.En pause.......



Heureux week-end les Âmi(e)s.....
ce sont les vacances scolaires, 
et donc.... quelques jours de pause.

Je reviendrai de temps en temps vous lire, vous répondre,
mais de façon espacée.....

Le printemps est bien là.....
alors profitons-en !



Den


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"Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,       
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau   de feuilles
Pour te garantir du soleil.
Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,   
Au seuil d'Avril, tournant la tête, 
Il dit printemps, tu peux venir ! "

Théophile GAUTIER
Premier sourire du printemps


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mardi 17 avril 2018

*La chambre des merveilles

La Chambre des merveilles : lisez des extraits du best-seller du printemps








Extraits
"Dernier coup d’oeil à mon écran de smartphone, il est 10 h 32. Je me dis qu’il faut que je raccroche avec JP d’ici trois minutes maximum car nous sommes proches de la station de métro.
J’entends un bruit sourd, qui me fait penser à la sirène d’un paquebot en détresse. C’est un camion. Je redresse la tête et le temps se fige. Je ne suis qu’à une centaine de mètres mais la rumeur des passants est tellement forte que j’ai l’impression d’être déjà sur place.
Mon téléphone se brise sur le sol. Je hurle. Ma jambe se tord, je tombe, me relève, ôte mes stilettos et cours comme je n’ai jamais couru. Le camion s’est arrêté, maintenant. Je ne suis pas la seule à hurler. Une dizaine de personnes, qui étaient attablées au soleil – une belle matinée d’hiver –, se sont dressées. Un père cache les yeux de son fils. Quel âge a-t-il ? Quatre, cinq ans probablement. Ce genre de scène n’est pas pour lui. Même dans les films, ce genre de scène n’est jamais montré. À quiconque. On peut tout au plus la suggérer. Un peu de pudeur dans ce monde de brutes s’il vous plaît. Je m’approche, je hurle de nouveau, je me jette à terre, je sens que je m’écorche les genoux, mais je ne sens pas la douleur. Pas celle-ci en tout cas. Louis. Louis. Louis. Louis. Mon amour. Ma vie. Comment décrire l’indescriptible ? Un témoin de la scène a plus tard employé le terme de « louve ». Des cris de louve que l’on éventre. Je me bats, je griffe le sol, mon corps tremble, je tiens la tête de Louis dans mes mains. Je sais qu’il ne faut pas le toucher, qu’il ne faut rien déplacer, mais je ne peux pas. Toujours ce même écart entre la théorie et la réalité. Je ne peux me résoudre à le laisser sur le sol sans rien faire. Pourtant je tiens sa tête et je ne fais rien d’autre qu’attendre en pleurant, vérifiant sans cesse son souffle. Respire-t-il ? Il respire.
Il ne respire plus. Il respire de nouveau. Les secours arrivent dans un temps record. Un pompier me prend en charge, ou plutôt tente de m’arracher au corps de Louis. Je le gifle. Je m’excuse. Il me sourit. Je me souviens de tout. De ses gestes fermes et doux à la fois, de  son nez disgracieux, de sa voix rassurante, de ses mots tellement convenus, de l’ambulance qui s’éloigne. Je capte quelques bribes. Urgences pédiatriques. Hôpital Robert Debré. Soins intensifs. Ça va aller, madame. Non, ça ne va pas aller. Je vais vous accompagner.
Je m’effondre. Il me retient. Mes muscles, tendus à l’extrême depuis l’accident, viennent de lâcher. On m’installe sur une chaise du café ensoleillé. Mon corps ne répond plus. Mes boyaux se tordent, je vomis mon petit déjeuner sur la table de ce bar hipster qui s’est vidé en quelques instants. Je m’essuie la bouche, bois un verre d’eau et relève la tête.
Rien n’a changé autour de moi, le ciel est toujours aussi bleu, aussi pur. Je regarde ma montre. Brisée, elle aussi. Cadran fissuré, aiguilles figées. Témoin immobile.
Il est toujours 10 h 32."
(...)"
"LE POIDS DE L’HABITUDE. LE BONHEUR DES HABITUDES. L’IMMUABLE DÉLICE DES RITUELS FAMILIAUX. CES PETITS RIENS DU QUOTIDIEN QUI NOUS CONSTRUISENT ET QUI CHANGENT TOUT."
"UN MATIN
Je m’appelle Louis, je vis à Paris, j’ai douze ans et demi, bientôt treize. J’adore le foot, les dessins animés japonais, Maître Gims, les chaînes YouTube consacrées aux Pokémon, la pâte à tartiner qui contient plus d’huile de palme que l’huile de palme (j’adore cette blague), les films de cinéma des années 90 et 2000 (non, ça n’est pas ringard comme passion), l’odeur des pots d’échappement, les skateboards flashy, les seins de Mme Ernest ma prof de maths, les maths sans les seins de Mme Ernest, ma super grand-mère Odette, ma mère (la plupart des jours).
À part ça, je crois que je suis mort.
D’habitude, je n’aime pas trop raconter ma vie, mais vu les circonstances et vu que vous êtes là, autant vous expliquer un peu à qui vous avez affaire, et ce qu’il
s’est passé.
Je vis seul avec ma mère. Elle s’appelle Thelma. C’est avec elle que j’ai vécu ma dernière matinée. J’aimerais vous dire que c’était une matinée exceptionnelle, qu’on a partagé des instants merveilleux, qu’on s’est enlacés tendrement et dit des mots doux. En vrai, c’était une matinée d’une banalité tout à fait affligeante, et après tout c’est bien normal. On ne vit pas chaque heure de chaque jour comme si c’était la dernière, ce serait épuisant. On vit, c’est tout. Et ma vie avec ma mère, ça ressemblait exactement à ça.
Donc quand j’y repense, en elle-même cette matinée était parfaite. Je sais bien que maman doit avoir un tout autre avis sur la question, je sais bien qu’elle doit repasser en boucle dans sa tête chaque image de ces quelques minutes en se demandant ce qu’elle aurait dû faire, ce qu’elle aurait pu changer. Moi, j’ai la réponse, et on n’est sûrement pas d’accord avec ma daronne : rien.
C’est étrange comme réponse quand on sait que cette matinée ensemble s’est résumée à maman qui tente de m’extirper de mon lit, moi qui râle, traîne des pieds et râle encore. Ça, c’est ce qu’on pouvait voir de l’extérieur. C’était aussi ce que j’en voyais. Maintenant que j’ai un peu (beaucoup) de recul, je me rends compte de mes sensations. De ce ressenti diffus, de ces picotements cérébraux qui ne deviennent accessibles que quand il n’y a plus rien d’autre. Le poids de l’habitude. Le bonheur des habitudes. L’immuable délice des rituels familiaux.
Ces petits riens du quotidien qui nous construisent et qui changent tout."
(...)
"J’AI TOURNÉ LA PREMIÈRE PAGE ET DÉCOUVERT CE QUI M’ATTENDAIT. J’ALLAIS SORTIR DE MA ZONE DE CONFORT, JE LE SAVAIS. J’ÉTAIS PRÊTE. POUR LOUIS. ET SÛREMENT UN PEU POUR MOI."
"Au beau milieu de la nuit, je me suis réveillée en sursaut. J’avais fait un rêve étrange. J’étais assise à côté de Louis, dans sa chambre à la maison. Louis bâillait, s’endormait, mais je ne le laissais pas dormir, je lui lisais un livre et le rappelais à l’ordre à chaque fois qu’il allait sombrer. Puis la pièce se transformait en chambre d’hôpital, Louis dormait cette fois-ci. Je lui lisais le même livre, mais il ne bougeait plus, il ne réa- gissait plus. Je fermais le livre et mimais les scènes, cela n’avait aucun effet sur lui. Je continuais de mimer et je vieillissais. Lorsque j’ai eu soixante ans, Louis a ouvert les yeux et poussé un cri. J’ai lâché le livre et me suis aperçue que ce n’était pas un roman, ni un recueil de contes. C’était le carnet. Je me suis réveillée, en sueur.
Une petite graine avait été plantée, une idée in- sensée était en train de germer dans ma tête, et une phrase repassait en boucle, telle une obsession : « Louis n’est pas mort, Louis est dans le coma mais Louis est vivant, Thelma, tout est encore possible, il lui reste presque un mois pour se réveiller, il va se réveiller. »
Le personnel médical continuait de répéter qu’il était sans doute totalement inconscient. En étaient-ils sûrs ?
Non, ils ne pouvaient l’affirmer avec certitude. Alors c’est qu’il y avait une possibilité qu’il m’entende, qu’il ressente. J’allais m’y accrocher. Je devais donner envie à mon fils de revenir, le faire saliver en lui montrant tout ce qu’il était en train de manquer en restant dans le coma. Lui donner envie de vivre. C’était un projet fou, mais réalisable. J’en
étais convaincue.
Les protagonistes ? Un sportif : Louis. Un coach : moi.
La discipline olympique ? La sortie du coma en nage libre.
La carotte, la motivation ? Tout ce qui était noté dans le carnet. Ce carnet était un concentré de futur. Ce carnet était rempli d’expériences que Louis rê- vait de vivre, de promesses de joie, de « trucs cool » comme il l’écrivait lui-même. Ce carnet était une
promesse de vie.
Le mode opératoire ? J’allais partir à la rencontre des rêves de mon fils, les vivre pour lui, les enregistrer, en audio et en vidéo, et les lui faire partager. J’allais en prendre l’engagement solennel. Je ne pourrais ni revenir en arrière ni le décevoir. Je ne savais pas s’il y avait un ordre défini, et je ne voulais pas que tout ait l’air préfabriqué. Il faudrait donc que je découvre le programme au fur et à mesure. Le résultat escompté ? Que mon fils se dise merde c’est quand même pas possible que ce soit ma darne qui fasse tout ça à ma place. Et qu’il ouvre les yeux.
J’ai frissonné. Je me suis levée et j’ai regardé le ciel. Étais-je en train de devenir folle ? L’espace de quelques instants, j’avais occulté la noirceur des nuages qui pesaient sur mon fils. Mais la nuit était lourde, l’issue insaisissable. Louis ne reviendrait peut-être jamais, je le savais. Je me suis mise à pleurer, silencieuse, immobile. Mon obstination était sans doute absurde, mais je ne pouvais me résoudre à laisser partir mon fils sans lui avoir permis de réaliser tous ses rêves d’enfant. Combien de temps me restait-il ? Moins d’un mois maintenant. J’avais déjà perdu de précieuses journées. Il était plus que temps d’entamer cette course contre la montre et pour la vie.
J’ai tourné la première page et découvert ce qui m’attendait. J’allais sortir de ma zone de confort, je le savais.
J’étais prête.
Pour Louis. Et sûrement un peu pour moi."

La chambre des merveilles
Julien Sandrel
Calmann levy










samedi 14 avril 2018

*Graines, bourgeons, racines, et écorces...





Épices, Cuisine, Ingrédients



Cannelle, Bâtons De Cannelle, Noël



Épices, Curry, Décrochage Du Marché



"Pour savourer des graines ou des bourgeons parfumés, des poudres de racines rares ou des morceaux d'écorces envoûtants, les hommes ont traversé les terres et les océans".

La fabuleuse cuisine de la route des épices
Alain Serres

Anis, Épices, Steranijs, Kruiden


Ginger Racine Épices Herbe Ingrédient Assa

L'Ail, Méditerranée, Épices, Faire Cuire


Je vous souhaite un heureux week-end parmi les odeurs, les trésors qui nous sont donnés.

Et surtout,

Bon Appétit !


Je vous embrasse.

Den


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vendredi 13 avril 2018

Hypnose pour enfant - Dormir paisiblement


Pour tous les enfants

ou
pour tous les adultes qui demeurent de grands enfants !


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  et surtout.....

"N'oubliez pas de fermer votre fabrique à penser".

pour un fabuleux voyage...


Une bonne nuit au bord des étoiles, de votre étoile,

  tout près  de Bahia .


Je vous embrasse.

Den


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