de la fenêtre à la porte, de la vitre à la route....
vendredi 27 mars 2026
*Nébuleuse
mercredi 25 mars 2026
*J'ai appris la vie
Sur les routes,
Au son de l'airain d'argent bleuté qui dort
Qui coule en petits rus
Sur les aiguières les vases et les plats,
Dans les yeux dans les larmes,
jeudi 12 mars 2026
*L'émerveillement
Ma fille,
"J'ai rêvé de toi. Tu grimpais à ton arbre.
Audacieuse baronne perchée. J'ai fermé les yeux un instant et tu étais là. Vivante. Magnifique.
Pourtant, tu ne te décides pas, préférant osciller entre deux mondes. Et moi je ne peux que rester derrière la vitre, celle qui sépare les rêves de la réalité. Rester là à t'attendre, t'espérer, te prier.
On dit que les bébés à qui on ne parle pas se laissent mourir.
Alors laisse-moi te parler toute la nuit s'il le faut, laisse-moi te chuchoter la beauté du monde jusqu'à en perdre le souffle. Je sais que tu m'entends. Tu sais que je t'attends.
Bleue.
Tu es née bleue. Ce n'est pas une couleur pour un enfant. Tu es née silencieuse. Ce n'est pas rassurant pour un parent.
Ils t'ont aussitôt emmenée loin de moi. Sans que j'aie le temps de te prendre dans mes bras, sans que je t'embrasse ou te voie. Confiée aux soins d'une machine, remise dans le ventre d'une couveuse qui prenait le relais, là où moi j'avais échoué.
Chacune de tes respirations est un combat. Tu t'accroches à la vie, mais j'ai peur. Peur qu'on t'enlève à moi. Tu m'as été donnée si facilement, pourquoi ne te reprendrait-on pas tout autant.
Je craignais l'amour, mais avec toi, tout sera différent. Ton amour démultipliera mes forces, ton coeur fera grandir mon espoir, ta liberté nourrira ma confiance. Ma fille, je t'aime déjà. Alors ne m'abandonne pas. Parce que de ce chagrin-là, je ne reviendrai pas.
Pourquoi rien n'est-il facile pour moi ? Pourquoi veut-on m'ôter mes deux êtres les plus précieux ? On allume mon coeur et on le brûle, puis on réveille mon ventre pour le brûler à nouveau. Je n'avais rien demandé. Je ne croyais même pas en l'amour. Et par deux fois, on me met à l'épreuve.
Alors je prie en silence, espère, préférant le monde des possibles à la réalité, l'espérance de la nuit à la dure lumière des matins. Je ne peux rien contre la vie qui décide de tout, de venir ou pas, de s'accrocher ou de s'enfuir. Il ne me reste qu'à attendre, là, derrière la vitre celle qui nous sépare, celle qui répare aussi.
Viens ma fille.
La vie vaut le coup de se battre pour elle.
Des choses extraordinaires t'attendent. La vie est belle à qui sait l'observer, à qui sait la nommer, l'aimer et la partager. Je t'apprendrai. Je continuerai à te crier la beauté du monde. On le fera ensemble. Tout est à construire. Viens.
Tu hésites, et je te comprends. Peut-être n'y a-t-il pas assez de contes écrits pour toi ? Pas assez d'héroïnes à prendre pour modèles ? Peut-être doit-on te donner un vrai beau rôle, te bâtir un monde sur mesure pour que tu viennes ?
J'aurais pu t'inventer une existence cabane pour que tu t'y réfugies quand tu aurais envie d'un endroit doux et réconfortant. Les fourmis auraient porté tes plumes jusqu'à l'encrier, les pigeons auraient emporté tes missives long-courriers, les merles se seraient occupés de ton réveil et les dragons de ton poêle. Tu n'aurais jamais eu faim, froid ou peur.
Tu aurais été responsable et autonome, capitaine de ton bateau, dans les arbres et sur l'eau, haute comme trois pommes, une dent en moins, un épi dans ta frange, tu aurais refusé de porter les robes, préférant une salopette et des baskets, un blouson et une casquette.
J'aurais pu t'inventer des histoires faites pour toi, avec des petites filles qui grimpent aux branches et qui vivent dans des arbres, des fillettes qui disent "non" et qui choisissent des garçons avec des fleurs dans les cheveux, des jeunes femmes qui sauvent le monde et qui dorment au creux des loups et des dragonnes, des ensorceleuses plus libres que le vent et qui parlent la langue des chouettes et des baleines.
J'aurais pu te l'inventer, ce monde, te l'écrire. Tu aurais été toutes les héroïnes. Cependant, cette nuit, je t'ai simplement raconté la vérité nue, celle qui effraie, celle qui te fera peut-être faire demi-tour, car oui, j'aurais préféré te dire que tu as été désirée et que tes deux parents seront toujours là pour toi, mais ce serait te mentir et ça, je ne le peux pas. Je peux juste continuer à espérer. Et en rêver si fort que ça te fera exister.
Tu es sortie des soins intensifs et on me laisse enfin te voir. Soixante-douze heures d'attente, d'angoisse et de doutes. Le plus dur serait derrière nous, mais j'ai peur. Peur d'une récidive de ce qu'on ne me dit pas, des silences et des regards qui en disent long. Peur de la solitude, de ne pas savoir faire. Peur que tu aies préféré ne jamais exister et que tu me le reproches un jour. Peur que tu n'aimes pas la vie que je peux t'offrir. Peur que tu ne m'aimes pas.
Je sais que l'amour d'un enfant ne se commande pas. On ne peut qu'essayer d'être à la hauteur. D'autant que je ne peux compter que sur moi-même. Personne à qui demander conseil. Pas de parents, beaux-parents, grands-parents. Ni même Gaïa.
Je t'embrasse sur le front, ta sueur est salée, mes lèvres prennent le goût de la mer. Tu as posé les yeux sur moi et tu as souri. Pourtant je t'ai accueillie avec un torrent de larmes. Toi, fragile miracle, qui me relies en un élan de coeur à l'humanité entière. Et les larmes ont laissé place à la joie. A l'espoir.
La vie nous fait parfois des cadeaux mal emballés, si bien qu'on ne les reconnaît pas tout de suite. On comprend plus tard qu'il s'agissait du plus beau des présents. Ce que j'avais pris un instant pour un venin était en réalité le remède pour ma survie.
Comment croire à la folie des hommes quand un tel être peut naître à chaque instant ? Comment douter de la vie quand celle-ci fait de telles promesses ? Comment un simple regard, un sourire peuvent-ils déclencher un tel séisme dans une existence ? En un battement de cils, un tremblement de coeur. Réviser totalement sa vie. Repartir d'_une page blanche. A écrire à deux._
Pendant longtemps, j'ai cri avoir une pierre froide à la place du coeur. Grise sous la sève de la mer, miel dans le suc des forêts, or argenté ou baume résineux, logée en moi, telle une bile noire.
Mais depuis que tu es entrée dans ma vie, petite alchimiste savante et singulière, avec ton alambic tu défies effrontément les lois de la nature. Je ne suis pas une flamme, je suis le feu. Je ne suis pas un oiseau, je suis le ciel. Je ne suis pas un coquillage, je suis l'océan. Je ne suis pas le temps, je suis l'éternité.
Toi, entre la légèreté d'un ré et la profondeur du marbre, presqu'un arbre, presqu'une marée, avec tes cheveux soleil et tes yeux fauves : te nommer a été une évidence.
Avec ton nom, j'écris la mer. Avec ton nom, je chante l'amour. Avec ton nom, j'accueille la vie. Avec ton nom, je devine l'âme de toute chose.
Chaque fois que je le murmure au creux de ton oreille, je hurle "je t'aime" à l'univers. Chaque fois que dans les abîmes du monde son écho résonne, je sais enfin qui je suis.
Car c'est bien toi qui m'as fait découvrir ce que, dans le coeur, j'avais de plus précieux, cette eau de vie inconnue et effrayante qui coulait en moi, cette sève qui commençait hier et continue aujourd'hui avec toi.
C'était la tendresse de l'Ambre".........
Aurélie Valognes
mardi 3 mars 2026
mercredi 18 février 2026
* mon refuge et mon orage
traduit de l'anglais (Inde)
par Irène Margit
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A LKC
Ensemble nous avons atteint la rive
A Mary Roy
Qui n'a jamais dit tant pis
Les hôtes en partant
Posaient un baiser sur son crâne
Et elle les reconnaissait
A leur voix
John Berger
"Mon refuge et mon orage est une invitation à retrouver toute la puissance romanesque de la grande autrice indienne du Dieu des Petits Riens.
Dans ce récit littéraire d’une infinie beauté, Arundhati Roy revient
sur son passé : une enfance chaotique dans le sud de l’Inde, son
émancipation précoce, le goût de l’écriture, la fulgurance du succès
international avec le Booker Prize en 1997, puis la découverte que sa
plume peut devenir une arme pour déjouer les injustices et la violence
du gouvernement indien. Au fil des chapitres, c’est aussi le portrait de
sa mère, Mary Roy, qui prend forme. Une grande âme, généreuse et adulée
dans sa région pour y avoir bâti une école, mais qui dans l’intimité
s’avérait une mère impitoyable et maltraitante. Toute sa vie durant,
elle aura été pour sa fille à la fois son refuge et son orage.
Dans
ce livre magnifique au style luxuriant, Arundhati Roy nous ouvre les
portes de sa vie hors norme et haletante, mêlée à celle d’une figure
maternelle redoutable mais qui lui a transmis le goût de la liberté, et
la nécessité d’écrire".
***
Gangster
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"Si j'écris ce livre, c'est pour combler le fossé entre l'héritage d'amour laissé à ceux qu'elle a aidés à vivre et les épines qu'elle a semées sur mon chemin - ces petits flotteurs dans mes veines, hameçons encore accrochés aux tissus mous tandis que mon sang circule vers et hors de mon coeur. Un livre aussi difficile à écrire qu'il l'est à ne pas écrire.
Plus encore peut-être que celui d'une fille qui a perdu sa mère, mon deuil est celui d'une écrivaine pour son sujet le plus passionnant. Dans ces pages ma mère, mon gangster, va vivre. Elle était mon refuge et mon orage".
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pour chacun chacune d'entre vous,
Une heureuse découverte pour moi, que je souhaite partager avec vous.
Pour Anne l'Artisanne, en particulier qui connaît bien l'Inde, et y a laissé une partie de son coeur et son âme ...
Je vous embrasse
Den
***
jeudi 5 février 2026
*Entre ciel et eau !
Gemme haut choeur des maux d'encre
Reléguée tu crois embout de table
Spectatrice des uns tes proches (hein !)
Mère de l'air infini et du domaine
Tu chemines le lent des gens
Vis ce que tu aimes en musique sacrée
Grande d'Ame des autres ailes chéries
Nénufar à lance hyène
Nymphe des bassins à la source matrice-ciel
Tu baignes ton visage à la surface de l'eau des temps,
Mires tes mains, en corps
Tu t'attardes sur la page Oh ! Jardin,
Fleur parmi les fleurs odeur hante...
Tu es tout,
Je le sais !
Douce soirée l’âme dit,.
Je t'embrasse.
Den
mardi 3 février 2026
*Au-dessus de la pointe debout....
Quand l'ombre se glisse au-dessus de la pointe debout
Et se cache
En donnant sa tiédeur à la plus tendre d'entre elles....
Mes douces heures frémissent fugitives, comme les ailes ondulent
Et se faufilent en battement et vibration
En chant et son de l'accord sensible...
La gracieuse-T en lieds aimables en Dante à l'aigre-gros altéré...
Sème comme on danse à la renaissance de la nouvelle saison
Douce
En sOleil éclairé
Dans le choeur de mes mots.
Den
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