mercredi 16 août 2017

*Trouver ton éternité...






"Tu dois vivre dans le présent, te lancer au-devant de chaque vague,
 trouver ton éternité à chaque instant".

Henry-David Thoreau


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Je souhaite à chacun, chacune d'entre vous,
une très belle journée 
en vous embrassant.


Den


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mardi 8 août 2017

*Tenir.....

Sillon de Talbert dans les Côtes d'Armor
Photo Faby

Tenir

"Tout ce qu'on a tenu
Dans ses mains réunies :

Le caillou, l'herbe sèche,
L'insecte qui vivra,

Pour leur parler un peu,
Pour donner amitié

À soi-même, à cela
Qu'on avait dans les paumes,

Que l'on voulait garder
Pour s'en aller ensemble

Au long de ce moment
Qui n'en finissait pas.

Tout ce qu'on a tenu
Dans ses mains rassemblées

Pour ajouter un poids
De confiance et d'appel,

Pour jurer sous le ciel
Que se perdre est facile.

Tout ce qu'on a tenu :
L'eau fraîche dans les mains,

Le sable, des pétales,

La feuille, une autre main,

Ce qui pesait longtemps,
Qui ne pouvait peser,

Le rayon de lumière,
La puissance du vent,

On aura tout tenu"


Guillevic

Dans les mains rapprochées.
(Sphère, 1963, Poésie/Gallimard)



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dimanche 6 août 2017

*Un heureux dimanche !



Image associée

"Va lentement. Ne te hâte pas. Chaque pas t'amène au meilleur instant de ta vie :
l'instant présent"

Thich Nhat Hanh

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Je vous embrasse.

Den


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samedi 5 août 2017

*Comment traduire le mot exact.....

*De là, d'ici, d'ailleurs, de très loin, comment traduire le mot exact......


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De là, d'ici, d'ailleurs, de très loin, comment traduire le mot exact, le plus justement possible, là où la vie est dans son plein épanouissement, mais encore en demi-teinte d'aussi loin.

Les mots m'appellent comme par magie, par jeu.

Hésitante, je cherche, patiente, concentrée.

Je poursuis ma quête mystérieuse, infinie, pour comprendre, dans cet univers à recomposer, lettre après lettre, image après image, j'essaye de les transcrire pour ne pas trahir la pensée, et j'évolue dans ses chemins pourtant sinueux. Encore possible.

Je bondis telle une chevrette gambade dans l'enclos, et j'abandonne les mots, libres à eux de demeurer à jamais sur la page, ou pas, souhaitant pourtant qu'ils parlent pour moi, le mieux possible, d'un temps achevé, mais conservent encore le goût de la vie à transmettre.

Je lis la vie ordonnée dans ces cartes postales presque centenaires, dans ces documents retrouvés, vestiges infinis qui racontent l'histoire de notre famille.

Leur vie est colorée comme un fruit mûr, et je tourne les pages de la mémoire bouleversée par ce temps...

Je n'écorne pas la pensée.
Je dis ce que je lis. Je dis ce que je sens.
Je dis ce que je croie.

Den





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vendredi 4 août 2017

*Entre les fûts serrés....

Entre les fûts serrés d'arbres presque centenaires....



Entre les fûts serrés d'arbres presque centenaires, une singulière végétation s'accroche.
Une touffeur stagnante et moite flotte à travers le sous-bois se mêlant à des parfums insoupçonnés.
L'envol d'un oiseau, la fuite d'un animal apeuré froissent seuls le silence parmi quoi, s'aventure l'étranger, prudent et plein de défiance.
Ainsi va celui qui ne connaît pas la région !
Lieux difficilement accessibles. Ici c'est l'envers de la montagne où se déploie la forêt sous une ombre persistante.
De l'autre côté, l'endroit portait champs et villages, jadis.

Ce sont Dardet. Patane. L'Alibert.

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Un autre jour s'est levé pour Albin Delpech, un jour de plus, mais un jour de moins à vivre, lance-t-il 
plein d'humour, et oui.. ça compte, quand on additionne quatre-vingt-quatre printemps !
Le soleil s'est faufilé entre les montagnes généreuses, et est entré dans le vieux village ensommeillé de
l'Espine, niché au creux de sa verte vallée.
De Lavelanet en passant par Montségur, site moult fois visité, et apprécié, mémoire vivante du catharisme,
et en longeant les Gorges de la Frau, voici l'Espine avec ses maisons, en rue, côté ville et côté campagne, qui s'est frayé un passage le long de la rivière poissonneuse, quelque peu. Un temps.
C'est de là que partent tous les chemins, et Albin n'a pas oublié qu'au bout de celui-ci, rupestre, vivait toute une population, jadis.
En forçant son imagination, il aperçoit les bois de Dardet, où il a vécu de nombreuses années, avec ses parents, puis avec une fille de l'Alibert. Terres devenues stériles sur l'ancienne ferme d'en haut, comme il dit.
Debout, il scrute les alentours de son oeil de lynx. 
Différent des autres, sûrement, on retrouve dans sa silhouette trapue, dans son visage aux traits burinés par le soleil et la vie au grand air, accentués par les années, on retrouve une curieuse ressemblance avec les vieux du village, par quoi se révèle l'âme, également violente et dure. Comme leur vie.
Derrière lui, si loin que le regard porte, l'ensemble obscur de la sylve ondule. Si on veut bien voir, évidemment, si on prend le temps..

Au-dessus de la petite rivière à tétards et à truites, les frondaisons s'étendent, naturellement, se rejoignent, s'enlacent, et l'eau claire descendue des montagnes glisse lentement sous leur  voûte.
Immobile et muet, Albin regarde devant lui, obstinément avec l'espoir de voir soudain crever le voile qui gène les yeux.
Voir Patane d'en bas. Surveiller Patane, Dardet.
Parfois, pourtant, il tourne la tête vers sa montagne dépeuplée, gravement, à l'abri des regards indiscrets, là où il a vécu.
Une rafale souffle dans sa mémoire peu fidèle charriant des nuées qui submergent le souvenir.
Le temps précipite l'oubli, puis entre deux amnésies couleur de montagne, un fuseau oblique filtre encore, badigeonnant le village d'une large tache lumineuse. Patane, Dardet..


Albin n'a rien oublié, ou alors par inadvertance, et si, parvenu au bout de son nouveau domaine, appuyé sur sa frêle canne, il le parcourt de long en large, matin et soir, c'est pour ne pas rendre compte de son inactivité.
L'Espine n'a pas changé, ou si peu.
Des habitations s'échappent toujours les mêmes odeurs entremêlées, familières, qui lui rappellent Dardet.
Les façades, sans fierté, ont conservé leur apparence d'autrefois. Simplement.
Lui, arpente l'unique rue du village, légèrement voûté.
Il aperçoit de loin deux silhouettes floues à ses yeux qu'il ne détermine pas. Est-ce Georges ou Charles ?
Il ne peut le dire, et soudain cette vision distendue lui rappelle une certaine journée des années 1913 ou 1914.
Il doit avoir 7 ou 8 ans.


Den

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jeudi 3 août 2017

*Chez les Delpech

*Ainsi va la vie là-haut...



Ainsi va la vie là-haut chez les Delpech, à mi-chemin entre l'Espine et l'Alibert.
Albin et ses quatre soeurs, Lucie, Marie, Philippine, Marcelline, et les parents, se partagent les travaux quotidiens à la ferme, les allées et venues à l'école, et les courses au village.
Jusqu'à une quinzaine de kilomètres, parfois.
C'est dur en hiver.
La route abandonne les bois et grimpe jusqu'à des mamelons plus fournis, arides aussi, parfois, et s'arrête pour reprendre son souffle.
De là, on admire de magnifiques sites auxquels on n'est pas habitué.
D'une saison à l'autre, les saisons changent invariablement, du vert  clair au vert sombre, aux mordorés, en passant par un blanc laiteux, sous la neige.
L'étranger mal acclimaté à l'effort, comme la route, halète vers les hameaux quasiment inhabités, qui furent communes jadis, est surpris par tant de beautés sauvages.
Les deux fermes isolées de Patane et d'Ardet s'enroulent à l'intérieur de la forêt non  loin de Malard et de Malèze, elles-mêmes enserrées dans la forêt de Bélesta.
Albin, le benjamin de la famille a continué son chemin avec ses soeurs, seulement distrait par une courte rêverie, mais au bout de la courbe la vue d'un magnifique arbuste en fleur n'a pas vraiment détourné son attention.
La route est encore longue jusqu'à l'école.


Den


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mercredi 2 août 2017

*Dans la vallée...



*Plus bas dans la vallée...



De l'autre côté de la montagne, plus bas dans la vallée, les Caux ont stoppé leur tâche, quelques instants.
Peut-être, pour continuer une discussion entamée ce matin. On ne parle pas en travaillant.
Albin à quelques lieux de là s'habitue à une lumière plus vive.
Pourquoi cette différence de couleur ici ?
Pourquoi toujours se presser, ne pas prendre le temps de flâner ?
Un vif désir s'empare de lui d'effectuer une escapade, une tentation qui s'accroît avec la végétation plus dense, plus fleurie qu'à Dardet, avec un soleil franc et haut.
Seul un écho  le perturbe, peut-être bien celui de ses parents.. l'école..faut aller à l'école.. on ne les voit pas.. On entend seulement la voix dans la montagne.
Des cris particuliers, connus des montagnards, dont usent et abusent les gens du coin, ne permettent pas à Albin de reconnaître ces voix. Mais qui d'autres que papa et maman Delpech pourraient rappeler à leur petits le chemin de l'école !
Planqué derrière un arbre moyennement grand, et parce que l'écho s'est perdu dans l'immensité de la forêt, Albin quitte le lacet sinueux pour rejoindre un chemin plus droit et plus large qui monte jusqu'au sommet d'un col cerné par une forêt de châtaigniers immenses.
Un écureuil, un oiseau coloré troublent le silence de leurs pas. Tout de même...
Au bout, dans le lointain, on aperçoit un promontoire. Leur école, espace clos.
Va falloir travailler et ramener les plus petits ce soir à la maison a pensé Lucie, l'aînée de la famille.
C'est bien. Il faut.


Den

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