jeudi 22 février 2024

*Le murmure

 

 

 


 

 

 

CHRISTIAN BOBIN

 

L E  M U R M U R E 


Gallimard


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Pour Lydie

À travers les sphères



Rien est le tout

de ce que je sais


La montagne s’incline une seconde. Aucune de ses pierres ne sourit. Si tu cherches une récompense pour ce que tu fais, laver la vaisselle ou jouer Chopin, alors, plutôt, ne faisrien : tu as par avance échoué dans l’absolu  chef-d’œuvre de la vaisselle, ou du poumon des anges. Chopin est une inhalation pour les anges asthmatiques, ces hypersensibles saupoudrés sur terre dès leur naissance jusqu’à leur mort – car les anges naissent et meurent comme Bouddha, comme les tortues et comme nous. Mais je m’égare. Si tu cherches les félicitations, reste au lit : au moins pourras-tu espérer faire d’un sommeil un chef-d’œuvre inconnu.La montagne-Sokolov à la fin d’un récital s’incline juste une fois pour dire : je n’ai aucun mérite. Je me suis effacé une heure et demie.


C’est une gloire secrète que votre silence m’a permis, dont je vous sais gré. Je suis le saint bossu des pianistes. Saint, il n’y a vraiment pas de quoi s’en vanter. Disparaître en se jetant dans la flamme des fleurs ou dans les bras des morts est un luxe inouï. Une heure et demie hors de ce monde dont les remparts brûlent.Ce qui s’éloigne est tellement beau. Le son du piano, ce noir velours d’un abandon qui s’épanouit avec l’agonie de chaque note.Quelqu’un s’en va, nous quitte, s’embellit de nous échapper. Nous ne le ferons plus souffrir avec nos paroles, nos projets, nos volontés.Vous avez raison de persécuter les saints dès la cour de l’école. Leur jouissance est insupportable. Elle dépasse toutes les autres.

  
Cette nuit j’ai entendu une voix qui disait :« Cette année tu vivras comme un rentier.Tu auras des conversations avec des rois, des reines, et des dieux. » Et j’ai pensé qu’un ange m’annonçait ma mort.J’écris à bas bruit et j’écoute de même. Un silence de Sokolov et je bâtis une ville en bord de mer, en automne, quand le soleil se repose de ses admirateurs.Une reine de beauté, élue au temps de la Révolution, enterrée dans le vieux cimetière de Vézelay secoue ses cheveux devenus herbes folles, et ses os bracelets aux poignets du vent.Sa poussière rêve.La petite brise milliardaire des libellules. 


Les femmes sont des caravanes de charme.Elles séduisent jusqu’au soleil. Et tant pis si la dernière verdine de cette caravane abrite la Reine Mélancolie, toujours alitée. Cela n’empêche pas cœur et main de danser.Je n’ai pas compris ton départ. Parfois ne pas comprendre est une bénédiction. Ton départ s’appelle « mort », mais ce mot ne dit rien. J’essaie de revoir dans l’air qui m’entoure la danse de tes mains quand tu parlais. Tes doigts partaient en vacances. Ta main chatouillait le menton d’un éléphant bien trop sage.Une sonate de Schubert est une petite bête sauvage prise au piège et tirant, tirant sur le collet qui lui rougit de plus en plus le cou. Je ne comprends rien à sa musique. J’aime bien lorsque je ne comprends plus. Il me semble que Schubert a inventé une musique plus longue que la vie...Je n’ai que mon cœur pour traverser la vie,rien d’autre que cette valise de réfugié en cuir rouge, cadenassée à la naissance.


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« Les poètes meurent au combat même quand ils meurent dans un lit. Ils livrent bataille toute leur vie. » Hanté depuis toujours par la mort, dès ses premiers écrits, Christian Bobin paria pour le salut par la poésie, plaçant sa vie « sous une pluie de lettres noires et blanches ». Même le dernier instant du poète — qui meurt juste après avoir achevé son dernier livre — y était vu de façon prémonitoire :« la bouteille d’encre noire renversée dans le fond de l’âme ». Commencé chez lui, au Creusot, en juillet 2022 , poursuivi sur son lit d’hôpital durant les deux mois précédant sa mort, le 23 novembre 2022 ,Le murmure appartient à ces œuvres extrêmes écrites dans des conditions extrêmes. Dans ce livre ultime, le plus humain des poètes se révèle être aussi le plus héroïque. À l’hôpital, celui dont le rire explosif sonnait comme un défi réalise à la lettre cette parole de Rimbaud : « Je suis de la race qui chantait dans le supplice. » Le murmure est la trace d’une course entre l’amour et la mort. À la fin c’est l’amour qui gagne, faisant de ce chant un sommet d’humanité. Le destin qui s’achève sur une telle victoire ne s’arrête pas là. Il commence.



Le murmure

Christian Bobin





mercredi 21 février 2024

*Lourmarin

 

 

 


 

Des médaillons de Lourmarin en Luberon..

 

Pourquoi Albert Camus écrivain philosophe chantre de la liberté au style sec et cassant, Albert Camus, écrivain, philosophe de l'absurde , romancier  français,  repose là  ?

 

"Camus a choisi Lourmarin parce qu'il y a le Luberon, derrière il y a la mer et ensuite, il y a son Algérie natale". . 

Après une visite à l'auteur,   on poursuit par un aperçu lointain de la maison du dramaturge  par un passage devant le café Ollier, où il avait ses habitudes.

 

Den

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samedi 17 février 2024

*Brin d'an

 


 

Le brin d'an a toqué à ma porte-fenêtre

Inondant  d'un plein soleil estival mon simple bien-être.


J'aime ce temps retrouvé encoeur aérien  tiède

Sur mon regard rempli de lumière tranquille.


Au loin les arbres sages ont revêtu un habit de fête saupoudré

Qui danse légèrement au vent doux presque brûlant.


Je respire la nouvelle saison qui me caresse

Ressentant l'espace frissonnant sur les sens les parfums 

Qui pointent frémissant.

 

Leur bout de nez m'emporte ailleurs qu'en ce mois de février figé

Allongeant le ciel bleuté lavé étalé

Presque étonné de ce badaudage  avancé.

 

L'heure transpire tranquillement

Transportant ma rêverie printanière

Sur la page à nouveau rédigée.


C'est un joli jour sur une lisière espérée

Sur des mots poétiques au bord d'un silence arpenté.


Les minutes ont apaisé le trot de l'ive-vert indolent.


Den


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Je vous embrasse.

Doux week-end à chacun chacune d'entre vous.


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mardi 2 janvier 2024

*Nous ne traversons ce monde qu'une fois

 

 

 

Du présent au passé :

 La mal-mesure de l’homme 

de Stephen Jay Gould

 

 

 
Arty
 
 
"Nous ne traversons ce monde qu'une fois.
Peu de tragédies sont plus graves que  de ne pas permettre à la vie
de s'épanouir, peu d'injustices sont plus profondes
que de réduire à néant les occasions de se développer, ou même d''espérer, 
à cause de limites imposées de l'extérieur par d'autres,
mais dont on pense qu'elles viennent de soi".

 
Stephen Jay Gould
La mal-mesure de l'homme
 
 

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Ils déambulent dans leur solitude

Accrochés les uns aux autres

En corps pour étreindre le ciel

Alignés coeur en tête

Dans l'invisible qui efface la face

Et colore les tons de chaque vie-sage.

 

J'aime cette étrangeté qui cherche

Les mots les nuances et les images

Dans leur empreinte qui les marque.

 

De dos de vis à vis

De devant d'avers ou de revers

Ils cheminent au hasard droits et fiers

Dans la verdure qu'ils côtoient

Dans les pigments qui les prolongent.

 

Leur errance dépolie brille et protège

S'envole vers l'enfant d'elle

Qui  lave et qui pétrit

Qui devine

 Imagine

Ce qui s'imprime

Ce qui s'exprime.

 

Sur la déchirure claire ou foncée des traces

Des traces d'émois de moi.

 

De ma fenêtre à ma porte

De mon coeur ma nonchalance m'emporte

Et ce  rien embrasse l'ombre

L'allume-hier entravée qui tatoue ta peau ambrée

Entre les lignes entre les lianes délicates.

 

Rose fleur bleu azuré nés de tes mains ton souffle

Beaux foulards voleurs d'infini

La page chante avec douceur les lignes de l'air

Dans un imperceptible décorum qui glisse léger

S'aérant  vers tous les horizons

Les déserts desséchés.

 

Den

 

 

Arty




....... Et demain 

 

Arty

 

Demain espère étincelant et renaît

Vers cette année qui débute inconnue

Ce rêve lumineux et joli qui veille

Pour le mieux l'essence-ciel

Peut-être l'impossible inaccessible.

 

Un court instant d'embellie

De rêve et de pause en partage

Redevenu sage.

 

 

 

Croyons encoeur'

 

En une douce année 2024

 pour chacune chacun d'entre nous-vous.

 

Je vous embrasse.

 

Den

 

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lundi 11 décembre 2023

*Ami(e)s poètes !


 Je vous re-connais  par votre humane-été plus que par vos traits, votre apparence.

Cette mère-veilleuse y voit sage entre les fils tissés de la toi-le de lit (hein !) qui nous re lit, toutes, tous.

Mère si à toi Notre, de  tous les rivages... il nous reste encore deux mains pour orner dans cet inter-lude des virgules appuyées ou des musiques en chants et des interrogations écrites à soulever.... et ce tant imaginaire  y reel on dit, vertu-aile, mais je sais qu'il existe, à l'import-anse que celle qu'on lui accorde, permet si bien de se nourrir de vos mots et de nos pleines consciences !


Et si dire n'est pas si aisé, même à l'abri  entre les lignes, cachée, garder une part de mystère m'enchante, tout en conservant le goût du bonheur de vivre chaque mât-teint, et aimer, aimer, aimer, le plaisir du partage.


C'est si beau ce que tu réponds à chacun chacune d'entre nous tous, et si plein d'exactitude fine, ça en est émouvant... sur nos pages attachées à trouver le mot juste et la sincérité.


Où puises-tu ton inspiration..... à la sève des choses en chant-et ou en mêle-ode-dit,....

Tes mots à fruits, fleurs et à sang sont des sOleils étincelants si liant, qu'ils nous transportent force-aimant sur tes chemins de grêle, de brume ou de lumière, et nous hissent loin, haut, intense-aimant vers ton plus élevé essence-ciel à notre sur-vie.


Tes photos sont des bijoux éclatants de beauté, qu'elles soient en rubans-beaux d'eau, d'eucalyptus, de colliers de branches dans le regard de ta forêt, ou simplement belles parce qu'elles naissent dans le silence des peaux d'arbres écorcées.

Merci beaucoup.

Bonne soirée à toutes tous

tout en préparant la Noel... 


Den

 


 

dimanche 19 novembre 2023

*Immersion

 

 
 

 
 

 


 immersion
 
 
 
L'image bleutée pommelée de blanc
Colore un instant le temps prenant
Plonge profond dans des eaux tièdes
Transportant le spectateur dans l'onde capturée.

La lumière ébahie effleure la ride
Et danse accrochée à la surface divine
Dans un renflement troublé par le bruit assoupi
Quand la houle est tombée un léger clapotis

Den

 

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RIVER

De ta source à ton lit défait
Tu chemines et tes eaux roulées
Dessinent la toile ses rivages
Dans l'air sur la crête des vagues.
Dans la lumière les images
Gravées prestement sur la page
En esquisse en aquarelle
En si lointaines silhouettes.


Den


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Tu peins les couleurs de la vie
Rose mauve bleue jaunie
Brodées de mille envies
En bandes décor en harmonie.
Ecrit aux tons qui sourient
Cet espace riche éphémère
Mirage dans la lumière
Cueille et offre magie et poésie


Den


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Heureux dimanche à chacun chacune d'entre vous.


Je vous en brasse  colorée.


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lundi 23 octobre 2023

*douce semaine

 


je vous embrasse


Den

 

photos Faby



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Hier dans les belles Alpes

à partir de   Serre-Chevalier

 

Journée fraîche le matin

mais beau soleil l'après-midi.

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