A Dardet, de l'habitation principale elle-même, il ne reste que l'essentiel.
Les bâtisses annexes ont disparu.
Les rues vides de toute humanité paraissent plus longues, quoi qu'envahies par de hautes herbes.
Cette destruction partielle et ces vides donnent au hameau un aspect pitoyablement triste, comme la mort.
Une allure de chose abandonnée, et c'est bien là le visage morne et mutilé des villages laissés pour compte.
Auxquels on a renoncé.
A Dardet ou à l'Alibert, ou à Patane, la vie s'est arrêtée un jour..
Le 13 mai 1986.
C'est indiqué d'une croix sur l'Almanach des Postes, accroché au mur par une punaise.
A Dardet. Albin l'a dit.
Ceux qui sont partis n'ont guère songé au désastre qu'ils occasionneraient.
Ils se sont mis en marche vers des sites ignorés ou attractifs, vers des villes prometteuses, vers les basses terres, plus riches, ou vers l'inconnu et ce qu'il contient en lui d'espoirs et de désirs renouvelés.
Mirages.
Les terres arables glissent le long des pentes sans cesse poussées par le soc creusant les sillons.

Mais les autres, à l'esprit d'indépendance, ceux qui ne renoncent jamais, ceux qui poursuivent leur vie si difficile soit-elle, dans ce cadre amoindri, dévasté par la solitude, pensent malgré eux au passé, aux traditions plus vieilles que leurs souvenirs à l'histoire, comme Albin, en bas dans la ville de l'Espine.
L'histoire...
Den
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