dimanche 14 février 2016

*Courlis.................




Le Courlis nain, un limicole intriguant à plus d'un titre"Mon père s'occupait de l'arrosage du jardin. Je l'accompagnais et nous trouvions que c'était une occupation très apaisante. Si nous avions de la chance, le courlis venait chanter après le coucher du soleil. C'était un drôle d'oiseau, haut sur pattes, avec un plumage beige tacheté de gris foncé. Il avait de gros yeux jaunes et une expression mélancolique. David me l'avait montré dans son guide, c'était très difficile de le voir de près. Il chantait de préférence les nuits de pleine lune et de gelée blanche.

Nous nous asseyions sur le perron à attendre et David nous rejoignait. Sous la couverture de l'obscurité, le courlis commençait son récital. Son chant ressemblait aux notes d'une flûte, elles montaient en ton et en volume dans un bel arpège mineur. Puis il chantait deux notes montantes suivies par une dernière qui disparaissait dans un glissando descendant.
Quelques temps auparavant, ma mère avait écrit un poème sur le chant de cet oiseau. C'était pendant la dernière visite de Ray, il l'avait aidée à trouver les mots qu'elle cherchait et ils avaient travaillé ensemble avec une complicité remarquable. Ensuite elle avait envoyé son poème à la revue "The Bulletin" et c'était pendant la période de son absence qu'il parut enfin. Nous étions tous heureux de le voir, pensant au plaisir qu'éprouverait notre mère en rentrant" :

"Courlis dans la Nuit"
"Pieux oiseaux en noir et blanc
Et cacatoès blanc comme la neige
Ecoutez le cri strident
Du pauvre courlis fou
Qui suit un chant torturé
Pa la peine, le désespoir
Dans un sauvage crescendo qui
Gagne la lune puis revient à terre
Gentils oiseaux, chantez en choeur,
Aux heures tranquilles de midi,
Evitez le mécréant tacheté
Et la lune source de malheur"

"C'était le chant d'oiseau préféré de mes parents. Je le trouvais très beau, mais si triste ; il me donnait la chair de poule.
Moi, j'aimais mieux celui des pies. Il fallait faire attention durant la saison de la nidification, car elles défendaient leur territoire et leur progéniture avec zèle. Maintes fois nous avons été attaqués en passant innocemment sous les arbres où elles avaient leurs nids. Les pies arrivaient avec un grand claquement d'aile noir, visant directement nos visages avec leurs becs et leurs griffes. Pendant cette époque il valait mieux porter de grands chapeaux en se promenant.
Malgré la terreur qu'elles m'inspiraient, j'adorais entendre leur chant. Il résonnait parmi les eucalyptus comme des notes émanant d'un carillon éolien.  Alors on pouvait tout pardonner, leur apparence ordinaire et même leur agressivité".

Elster, Pies, Oiseaux, Animaux, Gibier À Plumes, Bird



Pie, Australien, L'Australie, Nature

Juliet Schlunk
Rosenthal, une enfance australienne
Collection main de femme
Editions Parole

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dimanche 7 février 2016

..."Au commencement, il y avait le jardin...............



Au commencement, il y avait le jardin. Le gazon d'abord, le plus près de moi, un petit miracle, toujours vert, même en plein été.

Pré Vert, Herbe, Été, Terres Arables, Herbe Verte, Mai

L'herbe fraîche où je me roulais en criant de joie sous le jet d'eau du tuyau d'arrosage que tenait mon père pour me rafraîchir.

Irriguer son jardin de manière écologique


Je découvrais alors la longue rangée d'arums.

Des aromes

J'aimais en caresser les fleurs et sentir cette texture douce, ferme et cireuse. 
Elles me paraissaient presque animales avec leurs longues étamines couvertes de pollen.
J'étais petite et elles me semblaient énormes.
A côté il y avait des plates-bandes de gazanias,



de marguerites



 et de soucis.

Machaon, Papillon, Papilio Machaon

Mes parents, Eric et Olga, adoraient les oiseaux. Afficher l'image d'origine
Au centre du gazon, mon père avait fabriqué une baignoire avec un récipient concave récupéré sur une charrue à disques.
Il l'avait astucieusement monté sur une colonne de pierres maçonnées.
Le succès fut immédiat à voir le nombre de volatiles qui se pressaient pour l'utiliser.

Afficher l'image d'origine    Geai, Oiseau, Konar, Hiver

Marouette d'Australie (Australian Crake)         Caille des chaumes (Stubble Quail)

Il en fabriqua encore trois qu'il dissémina dans d'autres coins du jardin.... 
Ma mère avait planté beaucoup d'arbustes et arbres indigènes dans son jardin.

Gommier, Eucalyptus, Grandis, ArbreGommier, Eucalyptus, Grandis, Arbre

A l'entrée du jardin, deux gommiers "ironbark" montaient la garde.
Ils avaient une écorce noire et rêche et leurs feuilles étaient d'un vert bleuâtre.
Ils donnaient d'exquises fleurs parfumées au printemps ; on aurait dit des yeux de miel entourés par de longs cils d'un rose carmin.
Derrière les plates-bandes, elle avait placé des arbustes "Rince-bouteille" qui donnaient des fleurs rouges en forme de brosses cylindriques (Callistemon),

Grèce - Ile de Rhodes - Vélo blanc fleuri

des "tea-trees" (Leptospermum)

Théier, Leptospermum Scoparium, Manuka

et des Grevilleas (Grevillea rosmarinifolia).



Grévilléa à feuilles de romarin dans un jardin botanique  <br />

Pour faire une haie entre le jardin et la petite route de terre, on avait planté des bambous.

Plantes, Herbe, Bambou, Des Forêts

Juliet Schlunke
Rosenthal, une enfance australienne

Collection "main de femme"
Editions Parole

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(photos empruntées sur la toile)

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"Juliet Schlunke est née dans une ferme du sud-est de l'Australie. De parents artistes et éleveurs, elle a été formée aux Beaux-Arts à Sydney par John Olsen, le plus grand peintre australien.
Elle a parcouru les Etats-Unis, séjourné une vingtaine d'années en Espagne, travaillé notamment à Genève et Paris pour finalement s'établir en Luberon. Elle peint et a signé de nombreux décors pour des collections réputées de tissus et de faïence.
Rosenthal, une enfance australienne est le récit de son enfance dramatique"

Den

Je vous souhaite un dimanche serein.....et peut-être l'envie de lire ce livre qui est une pure merveille ....

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vendredi 5 février 2016

*L'instant présent..............


"Va lentement. Ne te hâte pas. Chaque pas t'amène
au meilleur instant de ta vie : l'instant présent".

Thich Nhat Hanh

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dimanche 24 janvier 2016

*Choisissez une étoile.....



étoilé: ciel étoilé avec demi-lune dans Cloudscape scénique
(photo empruntée sur le web)

"Choisissez une étoile, ne la quittez pas des yeux.
Elle vous fera avancer loin, sans fatigue et sans peine".

Alexandra David-Neel

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samedi 23 janvier 2016

*Les oiseaux (....) c'est comme l'amour....





"Les oiseaux (...) c'est comme l'amour, ça a toujours existé .
Toutes les espèces disparaissent, mais pas les oiseaux.
Comme l'amour"

Marguerite Duras
Le marin de Gibraltar



(réf. : sur les épaules de Darwin - France Inter)
Jean-Claude Ameisen
émission du 23 janvier 2016

"Eclats de monde disparus (4)"




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Haendel/Kempff- Menuet en sol mineur (première suite pour clavier hwv 434)

vendredi 22 janvier 2016

Vendredi..............



"Il ferma les yeux et appuya sa joue contre le tronc, seul point ferme dont il disposât. Dans cette vivante mâture, le travail du bois, surchargé de membres et cardant le vent, s'entendait  comme une vibration sourde que traversait parfois un long gémissement. Il écouta longuement cette apaisante rumeur. L'angoisse desserrait son étreinte. Il rêvait. L'arbre était un grand navire ancré dans l'humus et il luttait, toutes voiles dehors, pour prendre enfin son essor. Un chaude caresse enveloppa son visage. Ses paupières devinrent incandescentes. Il comprit que le soleil s'était levé, mais il retarda encore un peu le moment d'ouvrir les yeux. Il était attentif à la montée en lui d'une allégresse nouvelle. Une vague chaleureuse le recouvrait. Après la misère de l'aube, la lumière fauve fécondait souverainement toutes choses.  Il ouvrit les yeux à demi. Entre ses cils, des  poignées  de paillettes luminescentes étincelèrent. Un souffle tiède fit frémir les frondaisons. La feuille poumon de l'arbre, l'arbre poumon lui-même, et donc le vent sa respiration,  pensa Robinson. Il rêva de ses propres poumons, déployés au-dehors,  buisson de chair purpurine, polypier de corail vivant, avec des membres roses, des éponges muqueuses... Il agiterait dans l'air cette exubérance délicate, ce bouquet de fleurs charnelles, et une joie pourpre le pénétrerait par le canal du tronc gonflé de sang vermeil....
Du côté du rivage, un grand oiseau de couleur vieil or, de forme losangée, se balançait fantasquement dans le ciel.
Vendredi exécutant sa mystérieuse promesse faisant voler Andoar".

Michel Tournier, IX (Librairie Gallimard, éditeur)
Vendredi ou les limbes du Pacifique

Cerf-Volant De Vent, Ciel Bleu, Air, Nuages
(photo empruntée sur le web)


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