samedi 10 novembre 2018

*Rêverie sur le nid du ciel !






*Rêverie !


Aérienne et légère comme la ouate
La nymphe bleue pavoise
Avec ses ailes coquelicots
Sur ce nid du ciel...

Elle est belle dans sa tenue hyaline
Du doux Pays des Elfes...
N'est-ce pas ?

J'aime ici vagabonder dans tes allées
De poésie remplies
De mots si bien choisis.

Merci Poète de permettre en coeur la rêverie.

Den







lundi 5 novembre 2018

*Etrangement heureuse.




Feuille De Chêne, Chêne, Moteur, Jeunes

 

 

*Etrangement heureuse !



Par ce matin frileux qui effleure ma joue, et me plonge à nouveau dans des rêves inaccessibles.. dans un espace entre deux  chemins, dans l'infinitude profonde, pénétrante, caverneuse, sépulcrale d'une voix rauque, j'entre, immense, dans un état de flottement  ambiant..

 Ici et là-bas, ballottée, brimbalée, bringuebalée... j'erre...

Comment exprimer par des mots  rutilants qui expliqueraient à ma place le pourquoi des choses,
quand tout autour de soi mystérieusement se désorganise et s'organise à nouveau.
Quand le souffle chaud et caressant du vent tortille les voiles ; quand il pleuvra encore sur nos coeurs...

J'attends. J'ai attendu.

Pourquoi est-il si difficile de dire "je t'aime", se quitter et pas toujours se retrouver.

Et le téléphone diantre ? à quoi sert-il  ?

- "Comment vas-tu" ?

... Une main que l'on serre, que l'on étreint.

Une épaule que l'on entoure d'un soin attentif.

-"tu me manques".. ton absence m'est douloureuse.

Den

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dimanche 4 novembre 2018

*L'arrière-pays de Christian Bobin



L'arrière-pays de Christian Bobin par Pagnier



Résumé :
Sa vie, c’est d’écrire. Jamais il n’a bougé du Creusot, sa ville natale, ou seulement pour lui référer la forêt distante de quelques kilomètres. Son œuvre est immense et singulière. Plus d’une soixantaine de livres qui, entre eux, se font écho. Pourtant il en manquait un qui éclaire l’ensemble. Un livre qui dise son arrière-pays, comment il s’est construit, ce qui l’a formé. Pour y répondre il fallait des écrivains, eux aussi, dont la parole soit juste. Sous leur plume, on comprend. L’enfance au sortir de la guerre, les ombres familiales, les premiers écrits et très tôt l’importance des poètes, des rencontres, des noirs de Soulages et des notes de Bach.

Mais cet éclairage resterait imparfait si Christian Bobin n’avait pas accepté d’ouvrir ses carnets, prolongeant le texte de sa voix, pour que se dessine le sens d’une vie.



texte de Dominique Pagnier, auteur notamment  de Cénotaphe de Newton, (Gallimard, 2 017)
ouvrage conçu et préfacé par Lydie Dattaz  dont la Blonde. Les icônes barbares        de Pierre Soulages paru en 2014 (Gallimard)  



 *****




Après le succès de "L'homme-joie", Christian Bobin publie "Un bruit de balançoire" (éd. L'Iconoclaste). Un recueil de lettres adressées à sa mère, à "Frère nuage", à une inconnue, ou enco...

"Je pense que nous pouvons être des miracles les uns par rapport aux autres, et je pense qu'un moine ce n'est pas extraordinaire, un saint ce n'est pas extraordinaire. C'est la vie qui est extraordinaire"


L'ÉTAT D'ENFANCE OU L'ART DE N'ÊTRE RIEN

Ces textes de Christian Bobin, il faut s'en imprégner petit à petit. Après les avoir lus on ne regarde plus de la même façon un nuage ou des "gouttes de pluie sur la vitre", celles qui "ont un bombement argenté et une bordure laiteuse". C'est qu'avec "Un bruit de balançoire", il nous initie. À "cette chose impondérable qu'est la vérité de notre présence". Il nous ouvre la voie de l'intime et du vrai. Il y a quelque chose de radical chez lui - ce mot "rien" qui revient souvent - et en même temps d'une infinie douceur. Il écrit: "Je n'ai rien fait de ma vie, rien, juste bâti un nid d'hirondelle sous la poutre du langage."
"Vous ouvrez la fenêtre, un jour, parfois, vous voyez du linge qui flotte. Vous ouvrez la fenêtre et puis vous voyez votre vie qui passe. Elle n'est plus en vous elle est en dehors de vous. Et vous acceptez qu'elle passe et vous ne trouvez rien de plus beau tout d'un coup. Vous ne lui lui reconnaissez rien de plus beau que ce passage. Ce rien, c'est la pensée peut-être la plus pure qu'on puisse avoir sur la vie. Elle est difficile à préciser."

Les textes de Christian Bobin n'ont rien de mièvre, au contraire, ils parlent de la densité des choses et des êtres.Dans un chapitre de son livre "Un bruit de balançoire", il écrit à un "Cher penseur". Une réponse à quelqu'un qui aurait reproché au poète Jean Grosjean (1912-2006) une simplicité de langage. Bobin de répondre: "Cette simplicité est la source des éclairs."Il conclut par: "Le poème s'écrit avec rien - et c'est le contraire de Flaubert avec son bourgeois désir d'écrire sur rien."

L'ENFANT ET LE LIVRE

D'où vient que la quête de l'esprit d'enfance aille si bien avec la lecture? La terrasse où Christian Bobin reçoit Thierry Lyonnet est à côté d'un jardin en friche, et près de lui l'orée d'une forêt elle-même située dans un couloir aérien. Et si le bruit d'un avion vient déranger l'échange, en fait il n'en est rien, car ce vrombissement de l'appareil au décollage vient à point nommé illustrer le propos du poète. Le bruit d'un "fer à repasser sur un linge bleu".
"Je vois la totalité de la vie comme un livre, je la ressens, chaque journée est une page entière enluminée. La plupart du temps je préfère me taire, regarder passionnément comme un affamé."

Le poète confie: "Je vois les correspondances entre les choses." Dans son livre, à sa mère, il demande: "Comment as-tu modelé mon cerveau de façon à ce qu'un jour une phrase m'affole?"

APPRENDRE À ÊTRE, AVEC SOI ET LES AUTRES

Poète de l'émerveillement, Christian Bobin n'élude en rien la souffrance. Et sa lettre aux "Jeunes gens de Lodz" est empreinte de gravité. Il y a pourtant une indicible espérance dans ses propos, constante. "Même quand nous sombrons, il y a quelque chose ou quelqu'un qui nous maintient la tête, le menton, hors de l'eau, il y a une main ferme dans cette vie. Et ne rien faire c'est avoir confiance en cette main, du secours vient, tout le temps. Surtout dans les moments les plus durs."
"Je pense que nous pouvons être des miracles les uns par rapport aux autres, et je pense qu'un moine ce n'est pas extraordinaire, un saint ce n'est pas extraordinaire. C'est la vie qui est extraordinaire et si nous nous mettons dans son flux nous pourrions obtenir des choses... Silencieusement, sans morale, juste avec une empathie brûlante de l'autre, une compréhension de l'incompréhensible."

Poète du XXIè siècle, Bobin s'interroge par exemple sur la fabrication en série des bols (dans le chapitre "Mon pauvre bol") ou sur la disparition programmée de l'écriture manuscrite. Dans notre société de surconsommation et où le temps s'accélère, son propos - et c'est le rôle du poète - est de faire voir l'indispensable. Il nous propose un autre temps, un autre regard, la contemplation, la richesse de la rencontre, la quête du mystère. "Écrire pour moi c'est appeler dans le noir."

ÉMISSION ENREGISTRÉE EN AOÛT 2017

*La dernière fois que j'ai rencontré Dieu"






"Dieu est une chose trop importante pour être confiée aux religions"



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Tout l'amour du monde

Tant que je vivrai, 
Je chanterai les criquets
Le ciel, les perroquets,
Les baisers, les palmeraies
La gloire des étés
L'appel des toiles cirées
L'ivresse des serments
Les rires des enfants
Le venir de la mer
L'onde des prières
Les baisers de nos mères
Les noces des envers
 L'enchantement de tes pas
Rien ne dure ici-bas
Aux vertiges des émois
A la brise qui se noie
Abandonnons-nous, amour
Montons dans les tours
Laissons entrer en nous
Les élans du grand tout
La symphonie des oublis
Le roulis de nos nuits
Croquons les fruits défendus
Que rien ne soit perdu
Ni la chair  ni l'effroi
Jusqu'à la prochaine fois.


Depuis que j'ai écrit ce poème, tout a changé dans le monde. Les mots, les aspirations, les technologies. Mais rien n'a changé non plus. Ni le désir d'harmonie, ni les chants des oiseaux, ni les plaisirs des jours. Quand j'ai lu ces vers longtemps après, j'aurais dû, l'âge venant, me sentir dépassé, comme le survivant cacochyme d'une planète morte, à la dérive dans le cosmos. Mais non, je me réveille toujours dans le même état de joie, d'impatience : l'élan vital fait le lien entre toutes les époques. Jusqu'à mon souffle intime, je ne ferai grâce  à personne de ma dernière goutte de vie.

Chaque génération croit écrire son épopée sur une page  blanche : elle invente un monde que la précédente ne comprend pas et qui sera bientôt recouvert de pelletées de terre par la suivante. Nous sommes des machines à enterrer les morts et à fabriquer de l'amnésie. Nous restons cependant tous semblables, habités par la fureur de vivre, comme les asticots ou les éléphants.

Que sera notre terre dans un siècle ? Dans cinq cents ans ? Y aura-t-il toujours des écureuils pour sauter entre les branches des pins ou des tomates géantes à la peau crevée, répandant leur sang sous les coups de serpe du soleil ? Les pommes dégageront-elles toujours le même parfum acidulé en nous jetant leur jus à la figure dans on les croquera ?

En quelques décennies, j'ai vu notre espèce déserter la nature et se réfugier dans l'entre-soi, le béton armé, les téléphones portables, le chaos morose de la modernité. Autant d'éléments qui l'ont éloignée de Dieu, je veux parler du vrai, celui qui nous accompagne, pas de l'attrape-gogo tyrannique juché sur son trône, qui prétend contrôler les vies, les cerveaux, et défigurer à intervalles réguliers les religions monothéistes.

Quand bien même tout se transmuerait ici-bas, tant qu'il y aura de la vie, il restera toujours l'amour dont Novalis, génie mort à vingt-huit ans,écrivait qu'il l'avait transformé en flamme et que cette flamme consumait peu à peu tout ce qui était terrestre en lui....

Franz-Olivier Giesbert

La dernière fois que j'ai rencontré Dieu

Gallimard (octobre 2018)

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(...)


"Tout ce qui est triste me paraît suspect.
Dieu ne fait pas peur.
Se croire quelque chose est une grande ânerie.
Le grand pêché du monde moderne, c'est le refus de l'invisible.
Heureux d'être. D'être quoi ? D'être, simplement.
L'idée que Dieu pût ne pas être ne m'a jamais seulement effleuré.
Les questions auxquelles on répond par oui ou par non sont rarement intéressantes.

Julien Green


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samedi 3 novembre 2018

VITAA - Je te le donne - En duo avec Slimane (Audio Officiel)





Doux week-en à chacun, chacune d'entre vous.

Je vous embrasse.

Den





*L'arbre bleu ...



Poésie du vivant, L'arbre bleu, Alechinsky, Yves Bonnefoy



Pierre Alechinsky - Yves Bonnefoy
Peinture murale et poème
40 rue Descartes, Paris, 5ème arrondissement

Passant,
regarde ce grand arbre
et à travers lui
il peut suffire.

Car même déchiré, souillé,
l'arbre des rues,
c'est toute la nature,
tout le ciel,
l'oiseau s'y pose,
le vent y bouge, le soleil
y dit le même espoir malgré
la mort.

Philosophe,
as-tu chance d'avoir l'arbre
dans ta rue,
tes pensées seront moins ardues,
tes yeux plus libres,
tes mains plus désireuses
de moins de nuit.



Yves Bonnefoy La longue chaîne de l'ancre Mercure de France