lundi 6 septembre 2021

* Qui veut se souvenir....




"Qui veut se souvenir, doit se confier à l'oubli, à ce risque qui est l'oubli absolu,
et à ce beau hasard que devient alors le souvenir".

Maurice Blanchot
Le livre à venir


(Réf. : Sur les épaules de Darwin - France Inter - émission de Jean-Claude Ameisen)
du 3 août 2014 
"Le mémoire et l'oubli"


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dimanche 5 septembre 2021

...L'homme est...

 




"L'homme est ce qu'il fait"

André Malraux

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samedi 4 septembre 2021

*C'était il y a longtemps.... dans une petite ville tranquille....où tout le monde se saluait....




"C'était il y a longtemps, dans une petite ville tranquille où tout le monde se saluait, avant.
Dans un pays de collines parfaites et de vergers aux douces toisons de printemps.
C'était au fond du jardin de mon père, qui avait été celui de son père et de son grand-père.
C'était pourtant à une heure matinale inhabituelle, au milieu des pommiers frôlant le ciel encore pâle de la promesse de leurs fleurs prêtes à nouer en fruits.
Quelque chose m'avait alerté. Un bruit de pas.
Je m'étais levé. J'avais vu la large silhouette de mon père se faufiler vers le fond du jardin.
¨Pourquoi s'occuper de ses ruches si tôt ?"

***

(...)





"Mais on était au temps des mots à voix basse et mon père avait plus important à faire,
ce matin-là, que de soigner ses abeilles"....


(...)

"Quel oiseau lève-tôt embrouillait leurs paroles par instant ?...
Je ne m'en souviens pas.

Je me souviens seulement que l'heure était devenue grave tout à coup.
Qu'elle pesait lourd dans leur bouche.
Que les mots s'accrochaient à leurs lèvres comme pris dans les dents d'un peigne.

J'avais encore dans le corps
la légèreté de l'enfance.
Mais d'un coup je me remplissais
du poids de l'homme
et de ses supplices."

***

"Le soleil a atteint le faîte du rucher puis mon front.
L'oiseau tôt levé s'est envolé en faisant s'égoutter les larmes du bouleau, laissant place nette à la tourterelle".

***


"C'était il y a longtemps et pourtant si près du temps d'aujourd'hui, tant les hommes ne cessent de redoubler leurs classes de malheur, toujours recalés à l'épreuve de bienveillance et d'amour.
La même histoire de haine et de rejets, de refus de la différence, de territoires et d'orgueil, de pouvoir, recommence inlassablement autour de nous, faite de l'alphabet de violence et de souffrance dans trop de langues différentes.
S'il fallait la dresser, elle serait longue la liste des conflits qui continuent de séparer des amis de toujours tout autour de la terre !"

Anne-Lise Grobéty
Le temps des mots à voix basse

vendredi 3 septembre 2021

*N'est pas forcément un autre.....



"Quand il écrit le pronom Il
Au début d'un vers, 
On dirait assez souvent 
Qu'il a fait un Je,
Car le I devient grand comme un J
Et le I petit comme un e.
Donc Il
N'est pas forcément un autre".

(Qui,)
Eugène Guillevic

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jeudi 2 septembre 2021

*Le passage...............




"Un passage s'ouvre. A chaque instant, le présent nous accueille.
C'est lui le passage, lui le recommencement.
Le moment où l'on cesse de s'agripper coûte que coûte à l'épave qui flotte sur l'eau, et où l'on ne doute plus de savoir nager.
Et je me surprends à imaginer que l'on ouvre la fenêtre d'un poème, ou celle d'un tableau.
On y entre comme en soi-même, sur la pointe des pieds, tâtonnant un peu dans l'ombre qui ne s'éclaire qu'à mesure, incertain du chemin, incertain de l'issue.
Ou bien, c'est l'éblouissement.
On ne voit plus la fenêtre mais le paysage qu'elle a fait naître.
Il n'a pas changé, c'est le regard qui l'a renouvelé".

Hélène Dorion

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mercredi 1 septembre 2021

*Je cherche la lumière depuis que je suis né....


  

Gorges Du Verdon, France, Provence, Vue

Je cherche la lumière depuis que je suis né.

L'automne est le pays des couleurs, je marche vers cette lumière.

L'Automne, Feuilles, Couleur, Nature

J'écris en marchant, j'écris tous mes éblouissements, je bourdonne dans les chemins, mais écrire vraiment c'est avoir le courage de tirer une chaise devant une table, s'asseoir et saisir un stylo.
Un stylo qui fait si peur et tant de bien dans les profondeurs de tout le corps, dès qu'il laisse des empreintes noires ou bleues dans les champs de neige du cahier.


Livre, Stylo, Ouverte

Quand j'écris le mot neige, moi qui ai une vue si faible, je vois devant moi d'immenses étendues blanches et les forêts bleues des mots.

Question, Cahier À Spirale, Spirale

J'aime les grands espaces de lumière que fait jaillir l'automne.
Si quelqu'un partait à pied des granits de la Bretagne et cheminait vers la Haute-Provence, il marcherait en dormant.

L'Automne, Arbre, Feuilles, Rouge

La France est un doux vallonnement de vaches et de clochers. Brutalement ce marcheur se cognerait aux dentelles de Montmirail, au mont Ventoux ou à la montagne de Lure.

Tout le monde se réveille à Malaucène ou à Nyons.

A partir de là c'est un chaos sauvage où ne grimpent que des chèvres d'os, de barbe et de tendons. Un désordre de barres rocheuses, d'éboulis à sangliers, de broussaille, de hameaux sans mémoire, de gorges, d'à-pics, de chemins dévorés par les ronces, de ruines, de ravins, de forêts, de petits cimetières effacés par la mousse, de coups de haches telluriques et de lumineux déserts de lavande et d'amandiers, jusqu'aux gouffres du Verdon, sous l'ombre noire des vautours.


Vautour, Oiseau, Plumes


Je marche dans ce pays depuis mon enfance, j'en connais le moindre vallon, chaque pente boisée de Buis-les-Baronnies aux gorges pourpres du Cians et de Daluis. J'ai franchi en toute saison ces clues glaciales et ces plateaux où ne courent que l'ombre des nuages et le vent.



(...)

Je m'assois toujours sur le même rocher qui s'avance sur le vide, sauf lorsque le mistral vient de passer sur le dos glacé de Lure.

Pendant des heures je regarde cette vallée, cette rivière, en bas, qui brille un instant entre les saules, longe un champ de maïs, passe sous un petit pont de pierre, frôle une poste fermée et disparaît sous les feuillages.

Cette rivière où je me suis tant baigné, où j'ai appris à pêcher à la main sous les branchages, en frissonnant d'appréhension dès que je sentais entre mes doigts glisser le ventre visqueux et froid d'un poisson.

Je suis seul au milieu des collines, dans ce beau silence d'octobre, et je regarde mon enfance.



René Frégni
Je me souviens de tous vos rêves.



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*La poudre et l'éclat

 

 

La poudre et l'éclat

Claquent grésillent et craquent

Dans la nuit des boulets et  des canons

La terre est en fureur en furie

Comme les trois Vierges aux ailes chapeautées

Pourchassant sans relâche

Persécutant les migrants

Fuyant les tourments

Les méchants.

Quand la lune bleue resplendit dans le ciel

Pleine jaune blanche et  lumineuse

Dans un nuage de cendre

Contre ton âme aimante

Comme une source éclaire

En miroir la céleste atmosphère

Dans l'air l'Ether sans oiseau

Qui calme la souffrance.

Mon chaland chaloupe danse

Et les rides de mon visage

Ecrivent les par-chemins et les naufrages

Jusqu'au bout du trop aimer

D'aimer lassé.

Le monde brûle et se noie

Dans un souffle dans le souffre

Qui ne cicatrice pas les peurs....

Il est né et oublie le fond l'insondable

Le discret l'insinuant

Le boutonné

 Le mystère qui espère

Déchiffrera peut-être le messe-sage

Dans l'essence-ciel

Providentiel

Diapré, iridescent, transparent

Suspendu à la voûte accordée

En mélopée

En belle harmonie à bois à vent

D'un tout d'être

Meilleur en source de sagesse.


Den


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